Bling-bling et coups de feu | American Crime Story S02E01 : « The Man Who Would Be Vogue »

La seconde saison d’American Crime Story est bouclée depuis plus d’un mois déjà et pourtant, je rechigne à la commencer. La vérité, c’est que j’ai adoré la première saison, The People vs. OJ Simpson, et qu’une des raisons pour laquelle je me suis tant éclatée est que j’avais devant moi toute une saison que je voulais à ma guise dévorer ou savourer. [Une remarque qui s’applique également aux trois premières saison d’American Horror Story maintenant que j’y pense.] Un an plus, tard, j’ai donc fait tout mon possible pour attendre que la diffusion soit terminée et que je puisse m’offrir la même liberté de visionnage. Paradoxalement cependant, parce que je n’ai pas le temps de binge-watcher étant donné mon programme hebdo chargé, j’ai décidé de prendre mon temps. Je vais en profiter pour essayer de faire des récap de tous les épisodes (j’espère avec plus de succès que Smallville… je m’y replongerai une fois la pleine saison de séries terminée, promis).

J’aime beaucoup le format d’anthologie que la série propose, qui a le mérite de raconter une histoire précise et finie. L’aspect true crime n’est pas ce qui d’ordinaire m’attire – j’y associe une certaine perversion, surtout lorsque les personnes impliquées ou leurs familles sont encore en vie – mais lorsque c’est bien fait, j’avoue que je tombe dans la fascination, comme tant d’autres avant moi. Alors que la première saison d’ACS se concentrait sur un procès et était raconté de manière linéaire, celle-ci est l’histoire d’une chasse à l’homme, déjà bien entamée lorsque Cunanan assassine Versace, ce qui promet une narration déconstruite nous permettant de mieux comprendre le meurtrier et sa victime ; du moins je l’espère.

Aujourd’hui, j’ai regardé le premier épisode, et j’ai plein de screenshots de Darren Criss à rajouter à ma collection. Parlons-en.

Sans grande surprise donc, The Assassination of Gianni Versace raconte l’histoire du meurtre du célèbre couturier (joué par Edgar Ramirez), mais surtout, de l’homme qui l’as commis. Dans le premier épisode en effet, on se concentre surtout sur Andrew Cunanan (Darren Criss). Andrew Cunanan n’a pas l’air d’aller bien, il vomit ses tripes et hurle son angoisse. Andrew Cunanan n’a pas l’air d’aller bien mais à peine quelques minutes dans l’épisode (et avant quelque dialogue que ce soit), il s’approche du domicile de Versace et tue se dernier, un beau matin de juillet 1997. Andrew Cunanan a beau avoir la belle gueule d’ange de Darren Criss, il y a un truc qui ne tourne pas rond chez lui. Quoi donc ? C’est bien là la question.

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Toute sympathie qu’on peut avoir pour Cunanan dans les premiers instants disparaît dès lors qu’on commence à se plonger dans son passé. Cunanan est un menteur compulsif, incapable d’être honnête avec qui que ce soit même avec ses proche. « You tell gay people you’re gay and straight people you’re straight« , [nous] rappelle [subtilement] un de ses amis ; « I tell people what they need to hear« , qu’il répond. En quelques phrases, il est évident qu’on ne doit pas croire un mot qui sort de sa bouche. Pourtant, Cunanan est charmant, et semble pouvoir faire gober à peu près n’importe quoi à n’importe qui, et il est fascinant de le voir raconter déblatérer un mensonge après un autre, s’adaptant à son audience et s’assurant toujours d’être le plus impressionnant possible.

Cunanan ment tellement que moi-même je ne suis pas sûre de ce qui est vrai. A-t-il rencontré Versace à un night club, comme il le prétend ? S’imagine-t-il leur rendez-vous galant à l’opéra ? Aux deux, je réponds peut-être et plus que probablement ; mais en réalité, cela n’a pas d’importance. Ce que l’on voit semble être la réalité de Cunanan, celle qui permet de comprendre ce qui l’a poussé au meurtre – et c’est donc la seule dont on a besoin.

Et quand je dis meurtre, il est vite établi que Versace n’est que le dernier dans une série ayant commencé quelques semaines plus tôt. Le FBI a déjà son nom, sait à quoi il ressemble et le traque inlassablement ; sauf que lui, il se cache à peine. Certes, il a le don « de changer son apparence », mais il a aussi un sacré culot : il utilise ainsi son vrai nom au prêteur sur gage, sachant très bien qu’il est un homme recherché et que tout achat et vente sont vérifiés avec la police. Cherche-t-il à se faire attraper ? Cherche-t-il à provoquer la police ? Dur à dire. En tout cas, toute cette histoire le fait marrer plus qu’autre chose.

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J’me demande si Versace n’était pas le cinquième homicide, d’ailleurs

On apprend peu, dans cet épisode, sur Versace lui-même. On a bien sa routine matinale, sur air d’opéra, et un aperçu de sa magnifique demeure ; mis à part ces détails, le créateur reste un mystère. Cependant, on nous présente Antonio (Ricky Martin), son partenaire de vie depuis plus de quinze ans qui, encore taché du sang de l’amour de sa vie, doit au mieux qu’il peut expliquer à la police les détails de leur vie amoureuse. Lorsque la police lui demande ce qui le différencie lui des amants qu’ils prenaient l’un et l’autre, le voilà qu’il plaide en larmes « Fifteen years !« . C’est à vous briser le coeur.

Je ne sais pas comment et si l’homosexualité et le « couple libre » de Versace vont influencer l’enquête et sa couverture médiatique, cependant il parait vite clair qu’aucun secret ne le restera bien longtemps, et avec leur révélation, le dure jugement de l’opinion publique. « They’ll judge the killer, yes, but they’ll judge the victim, too« , rappelle  une Donatella (Penelope Cruz) au coeur brisé mais bien décidée à garder la compagnie de son frère à flot – et dans la famille.

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« My brother is still alive, as long as Versace’s alive. I will not allow that man, that nobody, to kill my brother twice.« 

« The Man Who Would Be Vogue » semble promettre le début d’une saison intense d’American Crime Story, saison qui, je l’espère, ne basculera pas trop dans le sensationnalisme. La déconstruction de la ligne du temps me semble être un moyen judicieux de nous plonger dans la psyche de Cunanan, retirant tout élément de suspense (on sait déjà qu’il a commis des meurtres) mais permettant de se concentrer sur la vraie question : pourquoi ?

Observations en vrac :

  • Tout ça est visuellement splendide
  • On en parle du fait que Cunanan saute en slip dans le lit de son couple d’amis qui l’héberge comme si c’était tout à fait normal ? Ou est-ce tout à fait normal et je fais ma difficile ?
  • Parlant de Cunanan en slip et de visuellement splendide, voici Darren Criss en slip

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  • Je pense que je suis attirée par un serial killer et je ne suis pas sûre d’être OK avec ça.
  • Ca a peut-être tout à voir avec Criss et rien à voir avec Cunanan
  • [Ce qu’on ne dit pas pour se rassurer]
  • Brièvement dans cet épisode, on aperçoit Joe Adler (de la dernière saison de The Mentalist) et Max Greenfield (dois-je le dire ? De New Girl et Veronica Mars). J’aime bien quand des acteurs que j’adore font des petit coucou, mais je vous avoue que là, Greenfield m’a faite hurler de rire. Ce qu’on ne fait pas pour Ryan Murphy
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Même encore en voyant la photo : je le reconnais et ne le reconnais pas à la fois, c’est fou

Voilà pour ce premier épisode ! C’est bien plus rapide que faire des récap de Smallville vu que j’ai vingt fois moins d’images, mais tout ça est un travail en construction (nouvelle blogueuse et tout, tant que je fais ça depuis moins d’un an, je peux continuer à utiliser l’excuse, non ?)

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce premier épisode de ACSThe Assassination of Gianni Versace ?
Si vous avez déjà regardé la saison : elle en vaut la peine ou je me fatigue pour rien ?
Est-ce que c’est toujours OK de fantasmer sur Darren Criss ou on bascule dans le fétischime ? [Je demande pour une amie.]

A bientôt,

Enid


Les photos sont la propriété de FX et des compagnies de production associées au projet d’American Crime Story. Les mauvaises blagues, elles, sont miennes.


Episode 1 | Episode 2

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9 commentaires sur “Bling-bling et coups de feu | American Crime Story S02E01 : « The Man Who Would Be Vogue »

  1. Je l’ai terminée et oui, je trouve qu’elle vaut la peine d’être regardée 🙂
    J’avais adoré la première et cette deuxième est extrêmement différente (vu qu’il n’y a pas eu de procès, difficile en même temps hein) mais toute aussi riche, je trouve. Même si probablement plus difficile à « digérer » (je te déconseille de la binge watcher d’ailleurs)(là pour le coup, ce serait du gâchis) que la première saison. Une fois que t’as compris qu’on essaie surtout de dresser un portrait du menteur invétéré et insaisissable qu’était Cunanan, tu te laisses porter par l’ambiance et c’est plutôt cool !

    L’un des points « négatifs » majeurs que je retiens de cette saison, c’est l’inutilité totale ou presque du personnage de Donatella Versace et l’amorphisme (j’invente des mots) super irritant de Penelope Cruz (sans parler de ce blond immonde qui ne lui va pas du tout). Je me doute que c’est pas évident de jouer une femme réputée extrêmement distante et froide, sans parler de ses expressions faciales invisibles suite aux kilos de botox qu’elle s’est injectée dans les joues… Mais quand même, donne au moins l’impression que t’es intéressée par ce qu’il se passe autour de toi, quoi.

    P.S. : Max Greenfield joue aussi l’une des premières victimes de l’hôtel dans la cinquième saison d’American Horror Story. Je te passerai les détails, mais c’est particulièrement ignoble, violent et gratuit dans mon souvenir 😀

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    1. Merci du conseil et du retour ! Pas de binge-watch du coup, ça me laissera le temps d’écrire des critiques d’épisodes 😀

      Je me souviens de Greenfield dans AHS… Cette scène est en effet trèèèèès marquante (et un peu trop horrible à mon gout… J’ai pas adoré Hotel, personnellement).

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      1. J’ai pas aimé Hotel. Avec Freakshow et Cult, on a le podium des saisons que j’ai presque détesté en intégralité.
        D’ailleurs, sans le personnage de Liz, je serais certainement pas allée au bout de la saison… Trop de Lady Gaga tue Lady Gaga, à un moment faut arrêter. Bon je l’ai trouvée entièrement naze non plus (quoique ?) mais ca fait tellement longtemps qu’il faudrait que je relise ce que j’avais écrit dessus à l’époque pour pouvoir en parler =/

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      2. Bien d’accord. Roanake a été la seule bonne surprise depuis Coven (que je trouvais être le point faible, à l’époque… hahahah) et encore, je pense que j’ai surtout accroché grâce à l’originalité du style narratif. J’ai rarement été aussi agacée que devant Cult ! Mais quel bordel, cette saison.

        Enfin bon, c’est tout Ryan Murphy : il fait tellement de choses que ça ne peut pas être bien tout le temps 🙂

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      3. Un gros bordel oui, sans parler de l’omniprésence de Paulson et de Peters, s’agitant comme ils peuvent dans le vide abyssal qui les entourent (et puis la sœur, sincèrement… Ce personnage est il réellement sérieux ?).
        Déjà que les deux acteurs principaux m’exaspéraient avant, dans cette septième saison, ça frôlait l’indécence… Je me suis toujours pas remise de l’utilisation du tueur du Zodiaque, c’était la claque scénaristique de trop.

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