Le tourbillon Netflix #2 | Parentalité, réconstruction, deuil, chômage

Ça m’est déjà arrivé auparavant, et comme à chaque fois, j’ai été surprise. Ployant sous les tâches à finir et responsabilités à prendre, voilà qu’une troisième voie me semble plus attirante. Je ne devrais pas… je sais qu’elle risque de me faire plus de mal que de bien et pourtant… pourtant, l’hypnose du tourbillon m’appelle et je n’ai plus qu’une envie : me noyer dans les profondeurs de Neflix, au gré de son mystérieux algorithme, jusqu’à ce que je la nausée me prenne suffisamment pour me sortir de ma torpeur. 

Qui a dit que c’était au tourbillon ne pouvait pas être thérapeutique ?

Où les eaux m’ont portée aujourd’hui

Aujourd’hui, j’avais de la vaisselle et des lessives à faire, du linge à plier,  un bureau à ranger et une cuisine à nettoyer.

Aujourd’hui, j’étais d’humeur légère, prise d’envie de voir une romance ou une chouette comédie ; aujourd’hui j’avais envie de feel good movies. Mais bien sûr, c’était sans compter sur le tourbillon, que j’ai suivi scrupuleusement en choisissant toujours le premier film apparaissant sous la description de l’ancien. Netlflix ne voulait pas que je sois heureuse, alors Netflix m’a rappelé que la romance aborde également des questions dramatiques, pas toujours de manière légère, et que si je voulais m’amuser, je n’avais qu’à lire les descriptions des films au lieu de lui faire une confiance aveugle.

Le tourbillon est toujours une leçon de vie.

Choix initial : Life Happens (US, 2011)

Si ce n’est pas une affiche qui crie légèreté ça… Lionsgate via Broomstick Comics

Mon choix initial s’est porté sur Life Happens, parce que l’affiche promettait Rachel Bilson et Krysten Ritter et que pourquoi pas, après tout, suivre une histoire de nouvelle maman. J’ai la réponse : parce que les histoires de nouvelle maman, c’est chiant.

Le film est centré autour de deux amies d’enfance, Kim (Ritter) et Deena (Kate Bosworth). Kim et Deena enchaînent les coups d’un soir et se réjouissent de leurs vies de célibataires sans attaches, jusqu’au jour où Kim tombe enceinte. Parce que oui, pour des jeunes femmes profitant du bonheur de leur sexualité, elles sont toutes les deux suffisamment con-cons que pour ne pas utiliser d’autre méthode de contraception que le préservatif et, a priori, ne savent pas que le bébé n’est qu’une des nombreuses conséquences sérieuses de l’acte sexuel non-protégé. Soit. Kim a désormais un bébé, intéresse bien moins les garçons, et galère à maintenir son mode de vie de jeune adulte fêtarde. Le jour où elle rencontre Nicholas (Geoff Stults), elle s’embourbe dans un mensonge et conséquences s’ensuivent.

Malgré son potentiel de comédie mignonette et un peu débile, Life Happens a tout d’une dramédie, pas si mignonette même si effectivement un peu débile. Un bébé, ce n’est pas marrant, surtout lorsqu’on l’aime mais qu’on lui en veut aussi, un peu. Un bébé, ce sont des responsabilités. Un bébé, une fois qu’il est là, il est là à jamais (à peu de choses près). Un bébé, ça change la vie, tout simplement. Tout ça fait pour un film plutôt juste, mais du coup un tantinet déprimant.

Plaisir : comme un flan pâtissier aux raisins (à force de ressembler au chocolat, ça piège les plus niais, et donc ça déçoit)

Second choix : Georgia Rule (US, 2007)

Dans le genre traitre, Georgia Rule est pire que Life Happens – d’ailleurs, Georgia Rule est pire que Life Happens sur tout les points, mais aussi pire qu’à peu près n’importe quel autre film, réussissant par miracle à ne pas être la pire tâche sur la filmographie de Lindsay Lohan (parce qu’elle a fait I Know Who Killed Me ; aussi, toute la drogue). mais se devant d’être celle sur tous les autres super acteurs engagés dans le projet, notamment Dermot Mulroney, Jane Fonda et Felicity Huffman.

Regardez la bande annonce ci-dessus. Pas bien sérieux, n’est-ce pas ? Rachel (Lohan) est une ado incontrôlable à qui un été à la campagne chez grand-mère (Fonda) va redonner une nouvelle perspective sur la vie. HE BIEN NON ! C’est l’histoire d’une jeune fille mythomane, rebelle, allumeuse, mais surtout complètement ravagée à cause d’abus sexuels subis pendant toute son enfance… ou alors pas… ou oui… ou pas ? J’vous dirai pas la conclusion, mais en tout cas, c’est crispant à regarder. Rachel cherche à séduire tout le monde, attendant qu’on lui dise non, apparemment traumatisée par quelque chose… Un portrait probablement (un peu) réaliste des troubles dont elle souffre ; mais ce jeu de mensonge et séduction, mené par une gamine perturbée à peine sortie de l’adolescence, devient à son tour quelque chose de profondément perturbant à regarder.

Georgia Rule est peut-être une histoire importante à raconter… mais c’est à peine supportable à écouter. Je me suis surprise à dire à voix haute « NON, NON, NON, NOOOON ! » à un moment en particulier, non pas parce que j’étais investie, mais parce que j’étais à deux doigts de gerber.

Plaisir : comme un flan au lait maternel (audacieux, probablement un commentaire intéressant sur notre société, mais j’peux pas estomaquer l’idée de la chose)

Troisième choix : Catch and Release (US, 2007)

Oh bah c’est chouette un pic-nic avec des mecs qui veulent te serrer et la meuf qui couchait avec ton fiancé, non ? Columbia Pictures via Empire

On continue sur la tranche de rire avec un film que je vois sur Netflix depuis un certain temps mais sur lequel je n’ai jamais cliqué parce que c’est l’histoire d’une jeune veuve et que je ne suis pas sûre qu’il me reste des larmes à donner pour ce genre d’histoire depuis P.S. I Love You. Mais c’est pas moi qui choisis, c’est l’algorithme, et vu que je venais de regarder un film traitant d’abus sexuels, et il s’est probablement dit « Hé, remontons lui le moral avec un film racontant l’histoire d’une jeune veuve qui s’aperçoit que son défunt fiancé était un menteur, et avec qui tous ses amis mecs veulent coucher maintenant qu’elle est libre ! Ca, c’est fun, non ? » Merci, monsieur l’algorithme.

Donc voilà, l’histoire c’est ça. Gray (Jennifer Gardner) vient de perdre son fiancé et découvre petit à petit qu’il lui cachait toute une parie de sa vie, malgré les efforts du meilleur ami du-dit fiancé, Fritz (Timothy Olyfant), qui tente bien que mal de noyer le poisson. [Putain, j’vais des expressions dans le thème, j’me sens trop fortiche.]

Malgré son sujet graveCatch and Release est plutôt léger et bien intentionné, rappelant que personne n’est parfait, ni vivant, ni mort, et qu’il faut bien faire avec pour être heureux. Peu de choses m’émeuvent plus que les larmes de Jennifer Garder, donc j’ai eu les yeux mouillés, mais à part ça, c’est juste meh.

Plaisir : comme un flan pâtissier nature (la texture est intéressante mais ça n’a gout de rien)

Quatrième choix : How Do You Know (US, 2010)

Non-lassé des films déprimants, l’algorithme a décidé de me montrer un film avec des gens déprimés. Un film que j’ai déjà vu, de surcroît. En tout cas, le début me dit quelque chose… non, attendez, j’ai du m’arrêter, ça ne me dit plus rien… si ça ! Ca, j’ai vu c’est sûr ! Mais… mais non, là de nouveau, j’me souviens pas… Ah si, c’est vu, sûr de sûr, la fin est définitivement familière. Si j’avais su.

Mais tant pis, How Do You Know a pas mal de scènes où Paul Rudd fait des yeux de chiot blessé, donc ça n’était pas si pénible que ça. C’est l’histoire de Lisa (Reese Witherspoon), athlète populaire qui se retrouve à la retraite arrivée à la trentenaire et s’éprend du bêta mais gentil Matty (Owen Wilson), encore dans le jeu. C’est l’histoire de George (Paul Rudd), homme d’affaire qui se retrouve mis en examen et abandonné par la compagnie gérée par son papa (Jack Nicholson). Tous les deux sont perdus, mais réussissent à trouver un petit peu de ce qu’ils cherchent l’un dans l’autre.

How Do You Know est un film curieux, pas tout à fait une comédie romantique classique, ni même un triangle amoureux classique. C’est une réflexion sur l’amour et sur ce qu’il veut dire sur un fond trop ambitieux de critique du monde entrepreneurial et sportif.

Plaisir : comme un flan aux oeufs sauce caramel (c’est déjà vu, ça me rappelle mon enfance, et c’est très bien pour finir un repas)


tourbillon-netflix

Bilan du tourbillon #2

Avec quatre films, le tourbillon m’a permis de clôturer toutes les tâches que j’avais en cours, sans pour autant me satisfaire. Je comptais sur les tréfonds de Neflix pour me faire découvrir une comédie légère qui me ferait oublier mes soucis ; à la place, je me retrouve à penser à la création de la vie, à la destruction de la vie, à la fin de la vie et au vide de la vie. Je peux probablement tirer une leçon de cette histoire.

En choisissant de plonger dans les profondeurs, plutôt que me m’y laisser porter, j’ai fait l’erreur d’y projeter des attentes. Il ne faut jamais rien espérer du tourbillon. Il vous prend, il vous malmène, il vous fait tourner la tête. « Netflix n’est pas la réponse », semble-t-il vouloir me dire ; « Peut-être que le suivant sera le bon », je préfère entendre. Je résiste. Je lutte. J’essaye de comprendre l’algorithme ; alors il me rappelle qu’il n’y a pas de réponses à trouver, un film médiocre après l’autre.

Mais moi, je ne l’entends pas. On se reverra, tourbillon, je tâcherai de te dompter, et tu me lâcheras cette surprise tant convoitée qui me donnera envie de me noyer dans les joies du streaming.

Mais ça, c’est pour une autre fois. En attendant, je vous souhaite de voir des films meilleurs que ceux que j’ai vu aujourd’hui, des films qui vous rendent heureux. Et si vous trouvez ce feel good movie lors d’un de vos détours, je vous prie, faites moi part de vos recommandations ?

Bien à vous,

Enid.

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