Ma semaine devant l’écran #75 | Comme si de rien

Bien le bonjour,

Après de nombreux articles expliquant en long et en large pourquoi je peinais à faire mon retour – articles qui n’ont, hélas, jamais été publiés – je vous fait la version courte : parfois je suis dépassée par la vie et je me bloque ; commencer un projet devient un challenge, en mener un à bien un obstacle infranchissable.

Anyway, comme je disais, je ne vais pas aller dans les détails et revenir sur mes décisions parce que j’ai déjà fait tout ça dans un de mes brouillons, presque abouti avec une mise en page soignée et un gif de Willy Wonka (… mais il manquait un paragraphe de conclusion). Je verrai si j’arrive à faire une rétrospective de tout ça si je reprends un rythme de publication régulier. En attendant, concentrons nous sur les belles choses de la vie : ce sont les vacances, et j’ai plein de temps pour regarder des séries au lieu de me morfondre dans mon lit.

Les séries estivales battent de leur plein, et après m’être mise à jour dans Fear the Walking Dead, j’ai regardé Scream, The Handmaid’s Tale, Archer, The Detour, Good Trouble et Into the Dark. Les plus attentifs remarquerons que les épisodes sont décalés de quelques semaines : Internet à coupé et j’ai du improviser avec les séries que j’avais en réserve. Un mal pour un bien, ça m’a empêcher de me lancer dans un rewatch de Glee ! Que d’efficacité ! Et ce n’est pas tout : je profite de mon dernier complètement libre (jusqu’au suivant) pour faire pleeeein de rattrapages. Par exemple, cette semaine j’ai eu le temps de me mettre à jour dans The Walking Dead, à finir The Big Bang Theory, et à avancer dans Boy Meets World, Modern Family, Doom Patrol et The X-Files ; et après les gens osent dire que je ne glande rien.

Allons-y, parlons séries !

Rattrapages estivaux

The Walking Dead saison 9

J’ai eu un début de semaine difficile, et je l’ai apaisé en regardant la saison 9 de The Walking Dead – après avoir revue l’intégralité de la série la semaine d’avant (et peut-être celle d’avant aussi). Peut-être est-ce le fait que je suis quasi à jour dans les comics mais j’ai passé un très bon moment – meilleur que devant la saison 7 et la 8. J’adore toujours voir comment l’adaptation réutilise les moments des comics en les changeant légèrement et joue avec nos attentes, tant bien pour ce qui est des visuels (la scène de Rick sur les cadavres, comme sur la cover de je ne sais plus quel volume : very well done indeed), que pour ce qui est de l’histoire. Je trouve que les départs ont été bien gérés – les morts un peu moins, j’ai perdu deux de mes personnages préférés, mais ainsi va la vie dans The Walking Dead. C’est rigolo, j’ai l’impression que pour une fois, la série est plus noire que la BD : certes, les morts sont moins déchirantes, mais le futur est bien plus incertain.

Parlant du futur, tout de suite des spoilers issus des comics (et de cette saison). Je suis curieuse de voir combien de temps la série va continuer. J’ai terminé l’arc des Whisperers, et je vois difficilement comment il pourrait faire l’objet de toute une saison – la série s’en sort bien lorsqu’elle sort des sentiers battus, mais un peu moins quand elle étire les arcs (cf. la saison 8). Je vois mal comment l’arc de Negan peut se dérouler sans un retour en arrière (sa confrontation avec Maggie, par exemple, a déjà eu lieu !), et je me demande alors comment/ qui/ si quelqu’un se remplacer en infiltrant les Whisperers. De la même manière, je me demande si quelqu’un va prendre la place d’Andrea en mort héroïque. Je pensais à Jesus quand j’ai appris qu’il ne tenait pas la saison 9 mais j’ai projeté un peu trop loin… Quel dommage. (ne me lancez pas sur Tara, j’ai encore le cœur brisé.) La bonne nouvelle c’est qu’on aura pas eu la romance avec Aaron, elle ne me paraissait pas méritée ici. Elle aurait pu l’être sur le long terme ; mais bon, on ne saura jamais. Dernière chose, sur le long terme, donc : j’arrive pas à savoir combien la série peut encore tenir. Avec les comics, je dirais saison 10 et 11, peut-être une saison 12, mais c’est pousser loin. Et après ? La série peut-être tenir sur ses pattes sans aucun matériel de la part des comics ? Serait-il temps de mettre The Walking Dead au placard plutôt qu’écrire autour du départ de ses stars, pour se concentrer sur les nombreux spin-offs annoncés ? Je ne suis qu’interrogations, la lecture ne me réussit pas.

The Big Bang Theory saison 12

Ok, ok, ok, je sais que j’aime dire du mal de The Big Bang Theory et pour ma défense, la série a de nombreux défauts et ne s’en excuse pas. La série est souvent méchante “mine de rien” (les personnages s’insultent et se diminuent, plus qu’ils ne font mine de s’apprécier ; une façon facile d’obtenir des rires), et lorsqu’on s’en rend compte, c’est difficile de ne pas le voir. A bien des égards, cependant, cette dernière saison est réservée et se concentre sur les émotions positives. Elle n’est certainement pas parfaite (mettre Penny en cloque, c’est une chose ; mais le faire alors qu’elle a passé la saison à affirmer qu’elle ne voulait pas être mère, allant contre les autres personnages, c’est invalider cette opinion en faveur d’un “happy-end” conformiste et oui, sexiste), mais elle appelle au meilleur de la série. Les personnages grandissent, se soutiennent, et font un nombre surprenant de bonnes décisions. Il y a du cœur, et même si c’était un peu exagéré, j’ai trouvé le dernier épisode émouvant au point de pleurer lors du discours final de Sheldon. Je répète : j’ai pleuré lors du discours final de Sheldon. Certes, je suis un peu fragile en ce moment, mais quand même… En ce qui me concerne The Big Bang Theory aurait difficilement pu faire mieux.

Boy Meets World saison 4, épisode 13 à 22

Boy Meets World n’a rien de révolutionnaire, mais ça a une romance super mimi et c’est toujours rigolo de voir des enfants acteurs grandir à l’écran. Autre bon point : toutes les blagues méta de Shawn qui me plaisent beaucoup trop. J’ai l’impression que c’est une nouveauté de la saison, et ça me va très bien. Aussi, c’est la première fois que je regarde un sitcom à “issues” et ça fait pour pas mal de fou rires. Shawn qui se retrouve dans une secte avant de retrouver la foi, héhé.

Modern Family saison 10, épisode 17 à 20

Je suis assez imperméable à l’humour de Modern Family (est-ce que ça m’a jamais fait rire ? me suis-je toujours contentée de “plaisant” ?) mais je dois avouer que les moments émotionnels sont bien gérés. En ce moment, Haley est le cœur de la série, et tant mieux – les enfants Dunphy ont toujours été mes personnages préférés après tout, et je trouve que sa grossesse est un très bon arc. “Can’t Elope” m’a mis la larme à l’oeil. J’ai pas pu finir la saison parce que mon Internet est en rade, mais j’ai hâte de voir la naissance des jumeaux.

Puisque j’ai commencé par dénigrer l’humour de la série, je dois aussi avouer que j’ai beaucoup aimé “Yes-Women”, et plus en particulier la danse finale où tous les personnages se croisent et se méprennent. Claire qui embrasse son coté négatif dans les dernières secondes de l’épisode était parfaite.

Doom Patrol saison 1, épisode 11 à 13

Doom Patrol, c’est l’éclate totale, je n’arrive plus à me souvenir pourquoi j’ai mis la série en pause… Parce que je passais un si bon moment que j’avais pas envie de ne voir qu’un épisode à la fois ? C’est hilarant mais aussi super sombre par moment – rah, Flex Mentallo,  c’était si prévisible mais pourtant si déchirant. J’aime vraiment les séries de DC Universe (dommage que tout ça soit déjà en péril).

J’avais le 14ème épisode de disponible, mais vu la construction de la saison, j’ai préféré le garder pour me faire une conclusion – maintenant que la Doom Patrol est vraiment, et qu’elle va combattre Mr. Nobody… enfin de ce qu’ils disent.

The X-Files saison 7, épisodes 12 à 22

J’avais mes appréhensions en revenant dans The X-Files, mais elles ont été vite balayées. Alors que les deux derniers épisodes étaient consacrés à la mythologie (bouuuuh), le reste de la saison est principalement du “monster-of-the-week” – du “monster-of-the-week” pas toujours réussi, mais néanmoins le plus souvent distrayant. Qui l’eut cru que regarder une série au rythme de deux saisons par semaine pouvait mener à un burn-out ?

Les points bas de cette série d’épisode sont, en ce qui me concerne, “all things” (l’épisode de Gillian Anderson où elle a des pressentiments et des illuminations en invoquant Bouddha ») et “Fight Club” (disons que celui là est “brouillon”). Y’a quelques épisodes qui sont ridicules mais qui m’ont tout de même fait rire, dont “First Person Shooter” (je veux dire, mettait Cosntance Zimmer dans n’importe quoi et elle brille plus fort que tout) et “Brand X” (le spécial “Fumer Tue »). Quand aux hauts points… “Hollywood A.D.” et “Je Souhaite” m’ont réjouie : le premier est complètement absurde de la meilleur façon possible, et se moque de l’industrie du film avec juste ce qu’il faut de commentaire méta ; le second est drôle, mignon et un bon indicateur du chemin qu’a parcouru la série, et ses personnages, au cours de ses sept saisons. Et bien sûr, une mention spéciale à “X-Cops”, dont l’histoire est meh, qui est est filmé live et en crossover avec le programme Cops ; rah les années ‘90 et leurs idées folles… ça me donne envie de revoir l’épisode live de E.R., tiens. Et ceux de 30 Rock.

Les prochaines saisons sont celles sans Mulder et je ne sais pas trop quoi attendre… mais je reste ouverte d’esprit.

Bilan : 68 épisodes vus sur 685 à voir, soit 9,82% de l’obejctif : whoop-whoop ! A ce rythme là, j’aurai finit à temps ; bien sûr, ce rythme là est impossible à tenir avec une vie sociale, mais qui a besoin d’une vie sociale ?

Mise à jour

Fear the Walking Dead saison 5, épisodes 1 à 5

J’ai rattrapé trois saisons complète de Fear the Walking Dead ce dernier mois, d’un oeil attentif mais mitigé. Le « reboot » de la quatrième saison continue de me laisser perplexe, mais j’ai l’impression que la saison 5 replace Alicia au centre de l’équipe, ce qui est mieux pour tout le monde. Mais c’est peut-être qu’une impression. Le monde est toujours aussi déprimant mais il y a quelques couleurs, ce qui suffit de me mettre en joie. Aussi, je suis heureuse de retrouver Dwight ; et personne n’est encore mort ! Que de bonnes nouvelles.

« The End of Everything », qui suit Al et Isabelle (du peuple des Hélicoptères !) est, je pense, celui que j’ai préféré, confirmant que je préfère toujours les histoires de la franchise lorsqu’elles se concentrent sur quelques personnages plutôt que les gros arcs de saison.

J’ai aussi vu l’épisode 6, j’en parle un peu plus bas.

Diffusions hebdomadaires

Scream S03E01-S03E02 : “The Deadfast Club” et “Devil’s Night”

Ouh-la, je ne pensais pas qu’on pouvait faire pire que les deux premières saisons de Scream et pourtant, nous voilà. La saison semble être partie pour répéter les erreurs des précédentes, par exemple en mettant le mystère au centre (je le répète, l’identité du tueur n’est jamais le plus important dans un slasher !), et parvient même à foirer les discussions méta qui font le charme de la saga. Ne vous méprenez pas, j’apprécie la discussion autour de la black horror ; c’est l’idée du “on est conscient qu’on est dans un film d’horreur donc à rien ne sert de le combattre”, qui me gène. Ne pas appeler la police, vraaaaiment ? Les héros sont stupides, je me fiche d’avec qui ils couchent ou pas, de qui les persécute et pourquoi, je me fiche de s’ils vivent où ils meurent, et même de comment.

Vais-je regarder la suite ? Oui, parce que parfois j’ai tort. Aussi parce que Scream est ma came et que je préfère être déçue que m’interroger à jamais.

Fear the Walking Dead S05E06 : “The Little Prince”

Je trouve ça super mignon que la série continue de réutiliser Le Petit Prince. Bon, je vais pas vous mentir, je trouve ça complètement fou qu’ils suggèrent de construire un avion, genre en vrai, alors qu’il n’y a pas un pilote ou un ingénieur dans le lot. C’est le genre d’optimise intransigeant qui n’a pas sa place dans la franchise – ou du moins, c’est ce que je croyais savoir jusqu’ici, mais vu que Strand et Charlie rejoignent le groupe à bord d’une montgolfière, j’imagine que je ne savais rien de rien.

Un peu moins optimiste et pourtant tellement fascinant : John et Dwight font équipe pour chercher Sherry, qui laisse des indices partout où elle va comme une chasse au trésor tordue. C’est mignon de voir ces deux-là interagir, mais je me demande si Fear va vraiment ramener Sherry. A la fin de l’épisode, John trouve une lettre dans laquelle elle avoue qu’elle va arrêter de semer des indices pour libérer Dwight et qu’il ne se mette pas en danger (meilleure idée, cocotte, si t’as vraiment espoir qu’il te retrouve, pourquoi juste ne pas arrêter de courir partout et rester sur place le temps qu’il te rattrape ?), sauf que John ne la lui donne pas encore, parce que l’espoir et tout et tout. Rah, Fear, comme tu as changée.

« The Little Prince » est un chouette épisode pour une saison dont les enjeux semblent ridicules. Certes, y’a plein d’enfants et tous le monde est susceptible de mourir irradié ; mais d’un autre coté, tout le monde ne peut pas mourir, alors forcément que la centrale ne va pas exploser avant qu’une partie du groupe soit hors de danger, et donc… pas de gros enjeux.

The Handmaid’s Tale S03E06 : “Unfit”

“Unfit” est un curieux épisode de The Handmaid’s Tale. Bien qu’il utilise des lieux familiers de la série (une naissance, une séance de shaming, et une mise en scène soignée et esthétique), il s’en démarque également à plusieurs reprises. Le ton est lugubre – June est en colère, surtout contre Ofmatthew qu’elle tient responsable de l’éloignement d’Hannah (et de la mort de sa Martha) –, l’accouchement est dès le départ sous mauvais augure, et des excursions dans le passé de Lydia ne font que confirmer que rien de bon ne peut se passer dans le présent. Lydia était institutrice, et à ses heures perdues, elle aimait dénoncer les mères qu’elle jugeait incapables de s’occuper de leurs enfants correctement. Lydia pré-Gilead a quelques moments d’humanité, et en ça elle est exactement comme la Tante qu’on a appris à connaitre. Elle a “beaucoup d’amour à donner” mais personne pour le recevoir ; elle trouve dans le contrôle un échappatoire qui lui permet de justifier les horreurs au nom du bien commun. Comme je disais, les flashbacks ne nous apprennent pas grand chose qu’on ne savait déjà (à part, possiblement, une attraction de Lydia pour les femmes, mais ça peut tout aussi bien être un désir d’attention), mais ils font annonciateurs de quelque chose de terrible. Sans surprise, la petite fille mise au monde sera morte-née ; mais le désespoir n’est pas fini.

June ne se contente pas de sa colère, elle la mobilise. Non contente que toutes les Servantes se liguent pour rendre Ofmatthew misérable, elle utilise les confessions qu’elle lui a faite dans un moment de vulnérabilité (elle n’est pas heureuse d’être enceinte) pour envoyer cette dernière au centre d’un Cercle de la honte, et elle se réjouit de sa détresse subséquente. June se sent intouchable – elle est le visage d’une campagne de propagande, après tout –, et alors qu’elle se rattachait jusqu’à présent à l’espoir pour avancer, son nouveau moteur semble être la souffrance des autres, qui fait écho à la sienne. Elle est à bout, et prête à tout ; sauf que ce n’est pas elle qui passe à l’action, mais Ofmatthew, bouleversée. Dans la scène finale, se déroulant au supermarché, cette dernière craque : elle tabasse Janine avec une boite de conserve, puis tue (accidentellement) un Garde et s’empare de son arme. On se croirait dans un thriller psychologique, on a même le droit à des plans du point de vue d’Ofmatthew, tunnelé par sa coiffe – très curieux. June est tout sourire, même quand l’arme est pointée vers elle. C’est comme si elle agissait au travers de Ofmatthew ; c’est d’ailleurs elle qui lui suggère, par un regard, de plutôt prendre Lydia comme cible. Avant qu’Ofmatthew ne puisse presser la détente, elle se fait elle même neutraliser, et son corps inerte est trainé hors du supermarché sous le regard impassible de notre héroïne – et sur l’air de “Que Sera Sera”.

Yep, cet épisode est dark y’all. Peut-être un peu trop pour moi.

Je comprends qu’il soit important pour The Handmaid’s Tale de nous priver de toute lueur d’espoir pendant un moment. C’est un épisode qui fait mal et je pense que c’est le but. Cependant, “Unfit” en tant que tel n’a pas tellement résonné en moi – je dirais même qu’il m’a déplu (de nouveau, maybe that’s the point). June devient radicale et ne se remet plus en question, et avec ça, elle devient plus difficile à comprendre. The Handmaid’s Tale brille dans la nuance, lorsqu’elle met en avant comment un système peut briser des individus. Janine en est en parfait exemple, et malgré sa ferveur, les autres Servantes se sont le plus souvent montrées gentilles et prévenantes envers elle. On en sait beaucoup moins sur Ofmatthew, mais ce qu’on sait d’elle ne la distingue pas des autres : elle a enfanté deux fois depuis Gilead, et sa piété est probablement une nécessité pour donner sens à la vie impossible qu’elle même. Elle est tout aussi victime que les autres personnages et en ce qui me concerne, elle a ma sympathie (jusqu’à preuve du contraire). Que toutes les Servantes (sauf Janine) se tournent contre elles semble grossier et inutilement méchant.

La même chose peut être dite de la réalisation de la séquence finale, qui abandonne la contemplation pour se faire pressée et choquante ; ça a le mérite de ne pas esthétiser la violence, mais c’est un peu trop cru pour moi. Ofmatthew – Natalie – est complètement déshumanisée. Si sa détresse escalade visiblement tout au long de l’épisode, la séquence de fin ne semble exister que par et pour June. Ofmatthew n’est qu’un pantin que June manipule selon son propre agenda, puis un corps inerte trainé sans aucun soin. Ofmatthew n’a aucune importance, parce que June est notre héroïne, et ce sont ses torts qu’on doit réparer. Or je ne suis pas à l’aise avec ça : premièrement, parce que ça fait de June un personnage aussi antipathique, froide et détachée que ses oppresseurs, ce qui peut être intéressant à court terme mais me fatigue déjà sur la durée ; ensuite, parce que ça dessert la série. The Handmaid’s Tale a à sa disposition un réseau complexe de personnages qui veulent détruire Gilead, ou au moins certains de ses aspects et pourtant, elle s’évertue à ériger June en figure de la révolution (plutôt que, je ne sais, pas, Alma, Mayday, et le réseau de Marthas ?). June est le personnage principal, mais elle est aussi animée par ses propres intérêts (sauver Hannah), qu’elle ne serait probablement pas prête à sacrifier pour le bien commun ; et c’est OK, c’est ça qui fait d’elle un personnage auquel on peut s’identifier. Je trouve vraiment que la série perd à prétendre que le sort de Gilead repose sur ses épaules.

Certes, on pourrait argumenter la rébellion d’Ofmatthew est une illumination soudaine (après tout, c’est Tante Lydia qu’elle vise), mais du coup, quel est le message que cherche à faire passer la série ? Que le meilleur moyen de détruire Gilead est de pousser les personnes sont son joug à bout, de rendre leur vie insupportable ? Que c’est en faisant du mal aux gens qu’on réveille leurs convictions ? Qu’au final, June a rendu service à Ofmatthew en faisant de ses derniers jours sur Terre en enfer ? Les séries aux héros antipathiques pseudo-complexes, je sais bien que ça plait beaucoup, mais moi, ça me laisse de marbre.

The Handmaid’s Tale mérite le bénéfice du doute et je suis sûre que “Unfit” existe pour servir l’histoire ; ça ne m’empêche pas de trouver l’épisode incohérent et peu subtil.

Archer S10E04-S10E05 : “Dining with the Zarglorp” et “Mr. Deadly Goes to Town”

J’étais sceptique du début de la saison 10 de Archer, qui semblait reprendre la piste de Danger Island en consacrant la majeure partie de ses épisodes à l’arc de saison ; je suis ravie de voir que je me suis trompée. Cependant,  car il y a un cependant, les épisodes sont plutôt irréguliers, et ni “Dining with Zarglorp”, ni “Mr. Deadly Goes to Town” sont à la hauteur du très rigolo et complètement foufou “The Leftovers” de la semaine passée. Dommage.

The Detour S04E03-S04E04 : “The Sister” and “The B.J.”

Elle est curieuse, cette saison 4 de The Detour, et pas forcément en bien (deuxième fois que j’utilise curieux de manière négative cette semaine, il ne faudrait pas que ça devienne une habitude). Les enfants et les parents sont séparés ; bon, d’un coté c’est normal parce qu’on cherche toujours Delilah, mais de l’autre, y’a Jared Jareb qui est désormais largué chez sa mère-grand et ça, c’est moins habituel. “The Sister” introduit un nouveau personnage, aussi joué par Natalie Zea parce qu’il s’avère que Robin a une sœur jumelle – rien de forcément surprenant ici. Bon, la sœur jumelle en question est un enfer, et séduit des beaux spécimens mâles pour les garder en captivité et leur voler leur testostérone, forcément, parce que la famille de Robin c’est jamais du joli joli. Tout ça pourrait être drôle, et d’ailleurs, c’est plus drôle que le début de saison, mais c’est aussi un peu malaisant. A la fin de l’épisode, évidemment, B.J. vole l’identité de Robin, alors que Nate ne se rend compte de rien. Enfin, jusqu’à l’épisode suivant (“The B.J.”), où il arrive enfin à faire la différence, en bon héros qu’il est (non mais, il peut jamais être sous un mauvais jour trop longtemps, notre Nate.)

Dans tout ça, je suis incapable de vous dire ce que la série raconte. Cette saison est bien vide.

Scream S03E03-S03E04 : “The Man Behind the Mask” et “Ports in the Storm”

Je retire ce que j’ai dit plus haut : je suis à fond dans la nouvelle saison de Scream (ou Scream: Renaissance, I guess ?) Le coté self-aware me fait sourire et la multiplication des fausses pistes est un délice. A la fin de “The Man Behind the Mask”, on “sait” maintenant que le tueur est très probablement quelqu’un du groupe (ou quelqu’un qui travaille avec quelqu’un du groupe, ou les deux) et Liv est la première suspecte. C’est  bon que cette histoire d’homme au crochet soit écartée. Si il était bien terrifiant cette nuit fatidique, c’est parce qu’il souffrait d’un trouble post-traumatique. Il a cru que les deux garçons s’étaient enfuis : en vérité, Marcus s’était caché dans un coffre, où il est mort. L’homme a finit par le retrouver, et l’enterrer, n’osant rien dire de peur que ça lui retombe dessus. Si je m’attendais à un twist, celui-ci m’a surprise par sa douceur et sa mélancolie. Forcément, c’est Scream, alors Hookman passe l’arme à gauche, et aussi Manny pour la forme. Dans l’épisode suivant, “Ports in the Storm”, donc, tout le monde soupçonne tout le monde, et s’accuse, et couchent ensemble et j’en serais presque investie dans leurs histoires de cœur (presque). Amir meure, on apprend que Liv a quelques troubles mentaux, son papa est attaqué et Deoin, suspecté, est arrêté par la police : MAIS QUE VA-T-IL SE PASSER ?

Scream: Renaissance remonte donc dans mon estime. Le format court et bouclé fonctionne mieux que celui de l’histoire à rallonge des saisons précédentes. Reste que, deux épisodes pour ce mettre en route lorsque la saison en fait six, c’est tout de même encore deux de trop…

Good Trouble S02E03 : “Doble Quince”

Damn it Good Trouble, comme tu fais pour réussir à m’émouvoir comme pas possible chaque semaine ? “Doble Quince” se déroule lors de la fête éponyme de Jazmin, qui se trouve aussi être l’occasion choisie pour lancer l’application de Mariana, “Mobilize” ou “Activate” ou quelque chose du genre (on se souvient que le principe est de soutenir des actions d’activistes et pousser à la mobilisation sociale). Les fonds doivent aller à une association qui soutient les personnes trans dans l’armée, et tout le monde est sidéré que leurs attentes se trouvent dépassées – en vérité, l’application bugue, mais ça, c’est un problème pour l’épisode suivant et pas ce que j’avais en tête lorsque je disais que Good Trouble m’émouvait comme pas possible. (Non mais, ne vous méprenez pas, je suis sensible aux aléas technologiques, mais tout de même, j’en n’ai pas les larmes aux yeux.) Le cœur de l’épisode, ce sont Gael et Jazmin.

Alors que la seconde n’est plus en contacte avec sa famille, qui ne l’a pas acceptée après son coming-out, le second continue de les voir de manière régulière, mais il paye un sacré prix : il leur cache sa bixualité. Lorsqu’il aborde sa sœur au détour d’une conversation, et qu’il est confronté à leur intolérance, il décide de leur dire la vérité. D’abord tout semble marcher pour le mieux. Leur grand-père se pointe à la Doble Quince de Jazmin, danse avec elle, et l’embrasse, lui assurant que ses parents finiront également par comprendre qu’elle n’a pas le choix, qu’elle est qui elle est. Mais tout ne s’arrête pas au plus haut : alors que Gael raccompagne son grand-père, il lui fait remarquer que lui à le choix, celui de tomber amoureux d’une fille et de ne pas briser le cœur de ses parents. Paf. C’est lourd, et ça reste sur le ventre, surtout que Gael n’a pas le temps de répliquer tellement qu’il est sonné.

Si j’exclue les triangles (losanges ?) amoureux, pour lesquels j’ai zéro intérêt, Good Trouble me scotche et me réjouit.

Into the Dark S01E08 : “All That We Destroy”

Petite confession : depuis que je l’ai (re)découvert dans To All the Boys I’ve Loved Before, j’ai des sentiments ambigus pour Israel Broussard, qui joue souvent des rôles de boy next door mais qui pourrait tout aussi bien torturer des chats dans sa cave, dans la veine des Daniel Sharman (Isaac dans Teen Wolf, mais aussi Troy dans Fear the Walking Dead – bref, vous avez l’idée). Dès qu’il est apparu dans “All That We Destroy”, j’ai sauté de joie, parce que dans Into the Dark, ce sont souvent des histoires sordides, et ce jeune garçon ne présageait rien de bon.

En effet, Israel Broussard est “Spencer”, un jeune garçon apparemment normal et très doué en dessin, mais qui aime aussi étranger des jeunes filles, alors sa maman essaye de créer des clones les plus réalistes possibles pour qu’il puisse se soigner. Zéro subtilité, bien qu’une chouette ambiance plombante. Mais surtout, c’est bien trop long pour ce que ça a à dire – comme si l’idée d’imposer un 90 minutes par épisodes d’une anthologie n’était pas une très bonne idée.

Into the Dark continue a être en dent de scie, et “All That We Destroy” est plutôt un bas. Meh.


Je n’aime pas l’idée de revenir avec un article plus d’une semaine en retard et non mis en page, mais j’aime encore moins l’idée de ne pas publier les 100 brouillons que j’ai en cours, alors optons pour le moindre mal. Je n’ai pas Internet, donc pas sûre que j’arriverai à publier le billet de la semaine passée avant la semaine prochaine – mais il reste que cette semaine, je n’ai rien vu, alors bon. Bien sûr, tout ça en prenant en compte que ce billet-ci contient beaucoup d’épisodes de semaines précédentes. Vous suivez ? Tout ça n’importe qu’à moi ?

Et vous, vous regardez quoi en ce moment ?

Tout le meilleur,

Enid

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3 commentaires sur “Ma semaine devant l’écran #75 | Comme si de rien

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