Pour et contre le finale de The 100

La dernière saison de The 100 m’a intriguée plus qu’aucune autre série depuis un bon moment. Je suis partie enthousiaste (j’avais même fait une ligne du temps !) et j’ai vite commencé à être déçue et confuse, avant d’abandonner tout espoir d’être satisfaite par la fin. J’ai pris twitter d’assaut plusieurs fois avec de longs threads pour déplorer le manque de développement des personnages, pour critiquer les choix narratifs en comparant The 100 à d’autres séries, pour m’interroger sur l’absence de personnages qui auraient pourtant servi l’intrigue, puis pour me plaindre, et encore me plaindre, et encore me plaindre. Oui, The 100 a fait de moi une chouineuse.

Bien joué, série, bien joué.

J’espère cependant que cet article ne se lira pas comme une plainte interminable. Lorsque j’ai décidé que j’allais discuter de « The Last War », le dernier épisode de la série, je ne m’attendais pas à grimper à 15000 mots et je vous présente mes excuses en avance pour ce qui va être un long et peut-être parfois pénible et/ou répétitif essai – et si j’appelle ça essai, c’est parce que j’y essaye de faire sens de la fin de la série en me compliquant la tâche dans bien trop de détours. Vous serez surpris de constater que je ne me penche pas tellement sur les défauts de la saison, croyez-le ou pas, passé le résumé de ce qui s’est passé durant ces seize épisodes, je discute uniquement (ou presque) du finale.

Ce que je n’ai pas eu le temps de faire, dans cet essai, c’est cependant de faire un parallèle entre Battlestar Galactica et The 100 et c’est bien dommage, parce que les séries ont pas mal de choses en commun, et que même leurs fins partagent des similarités… tout en prenant des directions diamétralement opposées. Il est trop tard que pour discuter de ça aujourd’hui, mais pour vous mettre dans l’humeur, je vous propose d’écouter le discours de mise à pied du Capitaine Adama, issue de la mini-série Battlestar Galactica et qui convient plutôt bien comme point de départ pour l’article.

Si vous ne parlez pas anglais, je vous présente mes excuses, je n’ai pas trouvé de version sous-titrée (aussi vrai pour les autres vidéos de l’article). Pensez : Est-ce que l’humanité mérite de survivre ? Vraiment ? Vraiment, vraiment, vraaaiiment ?

Vous avez une heure (de lecture).


Table des matières


En pas si bref que ça : l’essentiel et le moins essentiel de la saison

Cette septième saison est, en apparence, extrêmement chargée, en rebondissements comme en mythologie ; mais en réalité, peu d’éléments qui ont été introduit ont effectivement un rôle à jouer dans l’intrigue principale, qui tourne autour du retour de Cadogan, dernièrement vu dans la saison 4, prophète apocalyptique qui avait construit le bunker qui sera habité par Wonkru, avant de disparaitre mystérieusement. Revenons donc sur l’essentiel

Une rare photo d’Enid (doirte) tenant en otage ses lecteurs (gauche). Récupéré de Hypable

Lors de la première apocalypse terrière (Praimfaya I), la secte du Second Dawn, menée par Bill Cadogan s’est téléportée sur une planète, Bardo, par le biais d’une mystérieuse pierre-portail, qu’elle a passé des siècles à décrypter afin de préparer l’espèce humaine au jugement dernier (la “dernière guerre”, en fait un test, mis en place par une ancienne civilisation dont on ne sait rien et que j’appellerai “l’Entité”) après quoi les survivants pourraient transcender au-delà de leur existence humaine – sauf s’ils échouent, ce qui les condamneraient à une mort instantanée. La seule chose qui manque à cette civilisation est une “clé” (le code secret vers l’ Entité et le jugement dernier) qui se trouve être dans la puce des commandants, autrefois dans le crâne de Clarke et Madi, mais maintenant détruite. Pour récupérer la clé sans la puce, il faut donc plonger profond dans les souvenirs, processus dangereux. Nos héros ont moyen envie de collaborer parce que (a) cette civilisation est clairement une secte qui voue un culte à Cadogan (préservé par cryogénisation), (b) les Bardoans ont enlevés pas mal de gens pour fouiller leur crâne et ça n’inspire pas confiance, et (c) transcender c’est pour les illuminés. Bellamy rejoint les camps de Cadogan après un bad trip, mais Clarke le tue quand il comprend que Madi a la clé dans ses souvenirs – au final, Madi se rend à Cadogan, qui obtient ce qu’il cherche et la laisse pour morte. Les troupes de Bardo s’arment pour la dernière guerre, Cadogan s’apprête à rencontrer l’Entité, et tout le reste des survivants convergent vers Bardo pour tenter d’arrêter cette folie.

A peine Cadogan rencontre l’Entité, cependant, que Clarke le tue : l’humanité toute entière, représentée alors par Clarke, échoue le test et est condamnée à mort. Raven décide tout de même de tenter sa chance à son tour, et l’Entité se met en tête de lui faire la leçon : les troupes de Bardo et celles de nos survivants sont effectivement prêtes à se tirer dessus, l’humanité n’est que violence, attends de voir. Finalement, cependant, Octavia arrive à raisonner les deux côtés, qui font la paix, ce qui impressionne l’ Entité (finalement plutôt influençable) : l’humanité se voit accorder la transcendance. Tous les survivants sont transformés en espèce d’arbres lumineux et leur conscience en une petite boule de lumière : libérés de leur enveloppe corporelle, ils ne font qu’un avec l’univers et n’auront plus jamais à éprouver aucune souffrance. Clarke, seule, est laissée derrière. Elle retrouve son chien, et retourne sur Terre… où l’Entité lui explique que la transcendance est un choix, et que tous nos héros adultes* (et *encore en vie) ont décidé de la refuser : ils préfèrent vivre, et mourir (définitivement), humains et ensemble. Aussi, ils sont stérilisés parce qu’il ne faut pas rigoler non plus, on ne veut pas de marmots qui pourraient semer la zizanie dans un futur proche. La fin.

Bon, je vous l’accorde, ça fait un peu plus long que ce que j’avais annoncé mais les plus observateurs remarqueront que tout le second paragraphe est consacrée au dernier épisode. Pour le reste… c’est globalement du remplissage. Ce n’est pas forcément inintéressant, mais la plupart des événements de la saison ont souffert d’une narration saccadée et disjonctée, de quêtes futiles et pénibles, et d’une absence globale de cœur. Les personnages sont beaucoup séparés, parfois absents, et lorsqu’ils sont interagissent, c’est pour expliquer leurs actions plutôt que pour exprimer leurs émotions. A titre personnel, j’ai eu beaucoup de mal à reconnaître les personnages, et je me suis retrouvée en dissonance avec eux même lors des moments “les plus émouvants”. Complètement désinvestie de l’histoire, j’ai eu vraiment du mal à rentrer dans ce qui nous été montré : j’ai donc dû intellectualiser, et ça, c’est toujours le début de la fin.

Voici, en vrac, d’autres choses qui se sont passées cette saison (sentez-vous libres de passer outre ce paragraphe) : Dyoza a accouchée d’une fille, Hope, qu’elle a élevée avec Octavia sur une planète-prison où le temps passait plus vite ; Octavia a vieilli de quinze ans et a été transformée par la maternité ; Octavia s’est maquée avec un Bardoan, Levitt, qui est tombée sous son charme en bingeant ses souvenirs ; Hope, Gabriel et Echo ont passé cinq ans sur la même planète mais ne sont pas vraiment devenus copains ; Gabriel a trouvé les restes de l’Eligius II ; les Bardoans ont fait subir des tests divers et variés à nos héros pour obtenir une information évidente pour ous autres spectateurs ; avec la distorsion temporelle, on a eu de nombreux flashbacks et saut dans le temps mais ça n’a eu aucune influence aucune sur l’intrigue (sauf pour faire vieillir Hope et Octavia) ; mission d’infiltration chez les Bardoans, Echo, Octavia et Hope ont obtenu des tatouages sur le visage, cool ; Bellamy a disparu, a été crû mort, a vu des lumières sur une planète qui l’ont convaincu du besoin de transcender, s’est fait rejeter par tous ses copains pour sa foi et est mort tué par la meilleure amie ; Hope a voulu lâcher un virus mortel sur Bardo parce qu’elle n’a pas trouvé ça cool de passer 25 ans isolée sur une planète mais Dyoza s’est sacrifiée pour l’en empêcher ; flashback mignon Becho sur l’Anneau (too little too late) ; une fuite dans une centrale nucléaire a manqué d’éradiquer Sanctum ; Raven a sacrifié des Prisonniers pour réparer la fuite et s’est faite poursuivre par une nana en quête de vengeance mais sa culpabilité était telle qu’elle voulait mourir, na, donc du coup elle a été épargnée et ça l’a changée complètement* (*en la personne qu’elle était avant de sacrifier les Prisonniers) ; disparitions, négociation d’otages, et excursion sur une planète enneigée qui est un cimetière ; épisode préquel ! ; les notions de coréen de Jordan lui ont permis d’affirmer que les Bardoans ont tort et que le texte sacré ne disait pas “dernière guerre”, mais “dernier test” et il avait raison ; le texte n’était pas en coréen, mais c’était utile parce que le coréen utilise un alphabet et non pas des glyphes, vous savez, un alphabet, comme l’alphabet latin mais pas le même, quoi ; (je suis familière avec l’alphabet coréen, et oui, pour un œil occidental naïf et non-habitué, ça “ressemble à du chinois” mais vraiment, si vous fixez un texte quelques minutes vous repérerez qu’il y a des lettres, bien que différentes des lettres latines, qui forment des syllabes, qui forment des mots et bref, ce que je veux dire c’est que si les Bardoans n’ont pas remarqué un alphabet en plusieurs siècles c’est peut-être qu’ils ne voulaient pas vraiment enclencher la dernière guerre ? ; ) la distorsion temporelle fait perdre les souvenirs, mais que dans un sens et pas si on porte un masque ; Emori et Murphy ont fait semblant d’être des Primes qui étaient frères et soeurs ; Emori et Murphy ont été exposé comme fraudes mais ils ont sauvé des enfants donc ils sont pardonnés ; Sheidheda, un ancien Comandant sanguinaire, a pris possession du corps de Russel et joue aux échecs ; Sheidheda a exterminé les fidèles des Primes ; Sheidheda a exterminé les enfants de Gabriel ; RIP Nelson ; Sheidheda a été renversé par Cadogan, mais Indra ne l’a pas tué, et Cadogan l’a sauvé, puis il a tué des Bardoans pour Clarke, puis il a semé la zizanie durant la dernière guerre ; Indra a littéralement désintégré Sheidheda, mais beaucoup trop tard ; Madi s’est faite des copains parmi les jeunes de son âge ; Clarke donne la puce des commandants à Cadogan, mais elle était cassée, donc Gabriel l’a réparée, puis a décidé de la détruire, tout ça dans le même épisode ; Madi a fait des dessins prophétiques ; éclipse rouge, tout le monde devient fou pendant quelques minutes ; Gaia a chillé sur Terre pendant 10 épisodes ; la Terre est de nouveau verte, Monty avait tort ; tous les gens importants sont revenus sur Terre puis Clarke a détruit leur seul moyen de retour, alors que les méchants pouvaient continuer d’arriver ; Raven devait réparer leur moyen de retour, et elle a échoué, mais les méchants sont arrivés sur Terre eux aussi et en ont laissé d’autres derrière ; Clarke est la mère de Madi, le saviez-vous seulement ? ; Nylah avait de l’alcool caché dans les murs du bunker ; Jackson et Miller sont adorables ; le vrai nom d’Echo est Ash ; au lieu de pleurer Bellamy, ses copains ont fait des blagues comme quoi il était doué pour manipuler Raven (?) et qu’il avait fait son choix il y a longtemps* donc il était mort à leurs yeux avant d’être mort littéralement (*deux jours ?) ; un Sheidheda invisible s’est promené dans le bunker alors que nos héros lui montraient le chemin ; nos héros savaient qu’il y avait quelqu’un d’invisible dans le bunker et n’ont pri  aucune précaution pour être sûrs de pas être suivis ; Gabriel a fait du piano, c’était paisible et joli ; on peut être téléporté par la pierre ou en étant “taggué” par un coup de poignard ou une pilule (même effet, les deux sont tout autant pas pratiques) ; RIP Gabriel ; Hope et Jordan sont tombés amoureux ; il y a eu une explosion dans le bunker, qui a commencé à s’effondrer ; Gaia a re-disparu pour un moment ; Gaia est l’endgame de Clarke, apparemment ? ; Emori est morte ; Murphy a implanté la puce d’Emori dans sa tête pour qu’ils puissent mourir ensemble ; une copie puce de tes souvenirs suffit transcender donc Emori n’est plus morte ; il n’y aura pas de bébé Memori ; Madi s’est retrouvée complètement paralysée ; Clarke a voulu mettre fin à ses souffrances alors qu’elle était toujours consciente, mais Octavia a proposé de faire ça à sa place, puis finalement elles sont toutes les deux parties en la laissant là parce qu’elles avaient des trucs plus urgents à faire (condamner l’humanité et arrêter une guerre, respectivement) ; et j’en oublie probablement.

Après une overload d’informations inutiles, le lecteur (gauche) est dans un état catatonqiue. Enid (milieu) se demande si il ne vaudrait pas mieux abréger ses souffrances. Récupérée de Screen Rent

C’était donc une saison chargée ; peu de ces points d’intrigues, cependant, importent vraiment. Les épisodes avaient leur lot d’obstacles à surmonter, présentés comme essentiels sans que les enjeux ne se ressentent réellement (il y en avait-il seulement ?). Certes, il y a eu quelques épisodes avec une tension palpable (quoique ne me demandez pas de vous dire lesquels), et oui, la série a pris le temps de développer quelques-uns de ses personnages. L’arc de Madi, avec un peu de recul, tient plutôt bien la route ; et j’ai apprécié voir Murphy et Emori jouer les héros sous le feu des projecteurs, même si c’était face à l’insupportable Sheidheda. Mais ces quelques points positifs ne compensent pas pour tous les choix absolument stupides qui ne peuvent être justifiés que par la nécessité même de créer des nouveaux obstacles pour aujourd’hui et pour demain, comme une boucle infernale de l’ennui. Je suis consciente que la plupart des épisodes de séries, des saisons mêmes, peuvent être décortiqués en une série d’obstacles qui ne servent pas à grand-chose, mais je maintiens que cette saison de The 100 de démarque du lot par son artificialité qui empêche de croire que quoi que ce soit qui se passe à de l’importance. Lorsque Clarke détruit impulsivement le masque bardoan, seul moyen de quitter la Terre, sans réfléchir un instant au fait que ça n’empêchera pas aux méchants de venir, ce n’est que pour que Raven s’occupe à essayer de le réparer (personne n’est vraiment fâché contre Clarke, de toute façon, ils sont occupés à ne pas pleurer la mort de Bellamy) pour que finalement, quand elle échoue, un autre casque tombe du ciel parce que tout ça n’a aucune importance, l’épisode est fini et il faut qu’on puisse avoir un nouvel obstacle pour le suivant. Oubliez tout, et on revient la semaine prochaine pour la même chose.

La saison semble vaine, parce qu’elle l’est ou plutôt, parce qu’elle avait besoin de l’être pour mieux prouver raison à l’Entité : en réalité, l’humanité est vaine, avec sa destruction et sa violence, elle ne mérite pas de survivre telle qu’elle est. Qu’importe que ces conflits soient sortis d’artifices scénaristiques invraisemblables et rocambolesques, ce qui est important, c’est la direction empruntée, la tant attendue conclusion qui devait permettre de voir toute la série sous un jour nouveau.

Discutons-en donc.


Oh, Clarke de la saison 1, si tu savais. Si seulement tu savais.

L’argument contre : Une fin moralisatrice qui s’effrite plus on y pense

Bien que mon retour ait été jusqu’ici empreint de négativité, et puisque je m’apprête à rempiler sur le négatif, j’aimerais préciser que j’ai beaucoup d’affection pour The 100. Je l’ai suivie avec assiduité jusqu’à la saison 5, qui m’a un peu perdue par ses détours infinis – mais que j’ai surtout abandonné parce que j’en faisais des critiques mais que je n’arrivais plus à écrire. J’ai aimé la saison 6, pourtant si décriée, et j’avais beaucoup d’espoir pour cette saison 7. J’étais excitée lorsqu’il s’est avéré qu’il y avait des distorsions temporelles (qui auront au moins servi à réhabiliter Octavia, même si c’eut été chouette que ce soit par autre chose qu’une expérience transcendante de maternité) et plein de nouvelles planètes (ha !) ; et lorsque j’ai compris que le Second Dawn allait faire son retour, assez tôt dans la saison, j’étais super-impressionnée. Encore une fois, les scénaristes de The 100 parviennent à tisser une jolie intrigue avec des indices éparpillés depuis des saisons, quelle merveille ! Puis rien de tout ça.

La saison a dû être récrite pour faire face à des changements behind-the-scenes dont on ne connait pas les détails. Ça arrive, et je peux le comprendre : après tout, ce sont les règles du jeu des séries télévisées. Je refuse cependant de considérer que c’est là le seul tort de la saison, et qu’il aurait juste fallu que je revois mes attentes pour mieux apprécier ce qui nous était proposé. Oui, la déception est probablement plus marquée par mon excitation initiale, mais je suis capable de passer outre beaucoup de défauts (Falling Skies me dit de vous dire bonjour) ; ce qui est important, c’est que je continue d’être heureuse de retrouver les personnages, ou que l’intrigue m’excite, ou que ça me fasse rire ou peur ou ressentir quelque chose autre que de l’agacement. Le majeur reproche que j’adresse à The 100 pour cette dernière saison est la façon dont elle n’a pas écrit ses personnages, ni leurs relations – sauf lors de rare moments, chéris, mais qui n’ont pas suffi pour me faire croire à leurs actions ou leurs motivations.

Mon argumentaire contre la fin de The 100 cependant, n’est que légèrement influencé par les reproches que j’adresse à la saison. Bien sûr, les deux ne sont pas complètement séparables et, de la même manière, il est difficile d’évaluer la conclusion de la série sans repenser à tout le chemin parcouru, notamment parce que le finale y fait écho ; mais pour le moment, essayons cependant de nous concentrer sur l’épisode en lui-même, sur ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il implique. Parce que rien qu’en se limitant de la sorte, je vous assure qu’il y a beaucoup à dire.

Un peu de mauvaise foi : sur l’importance d’équilibrer ses enjeux

Le premier argument contre le finale est structurel. Durant sa saison, The 100 ne s’est pas privée de tuer ses héros, mais avec la transcendance présentée comme une sorte de vie éternelle après la mort, les enjeux n’étaient pas tout à fait clairs. Levitt met vite les choses au point cependant, citant la saine parole des Bardoans pour expliquer que les morts avant la transcendance resteront morts. Or, entrant dans le dernier épisode, nous avons Madi et Emori en sérieux danger, et vite il devient évident qu’il s’agit d’une course contre la montre : si seulement elles peuvent rester en vie jusqu’à la transcendance, elles seront sauvées. Cela fait pour un épisode plutôt déséquilibré dans le poids de ses intrigues.

Comme souvent dans la structure des séries, il y a trois intrigues à l’épisode. La principale, c’est le jugement dernier de l’humanité : Cadogan, Clarke et Raven passent le test tour à tour. La seconde, c’est la dernière guerre : Bardo est armée jusqu’au dents pour ce dernier combat qu’ils pensent être pour la survie de l’humanité, l’entièreté des autres survivants débarque pour faire gagner du temps à Clarke et compagnie, Sheidheda est l’électron libre qui veut voir tout le monde mourir et Octavia, Echo et Levitt cherchent à résoudre le conflit pacifiquement et par la raison. Enfin, la troisième intrigue est le cœur émotionnel de l’épisode : Emori, empalée lors de l’effondrement du bunker, est entre la vie et la mort, et Jackson et Murphy travaillent d’arrache-pied pour qu’elle s’en sorte. Toutes sont au final plutôt bien imbriquées les unes dans les autres, avec beaucoup d’exposition certes, mais à ce stade-là who cares, que Raven fasse l’intermédiaire s’il le faut, au moins elle fait ça bien.

Get it ? Parce que raven, corbeau… ?

En théorie, Emori au bord de la mort devrait être complètement déchirant (et, je vous l’avoue, je n’ai pas été indifférente – voir plus tard) ; le problème, cependant, c’est que cette intrigue haute en émotions est complètement isolée des autres. Presque personne ne sait Emori en danger, ni n’a vraiment le temps de réfléchir à ce que ça veut dire, et lorsque Clarke enclenche le test, c’est le sort de l’humanité toute entière qui est mis dans la balance ; or cette scène a lieu juste avant qu’Emori ne meure (pour la première fois). Certes, je pense que The 100 comptait sur nous pour nous soucier plus d’Emori que du futur de l’humanité (pARcE QuE l’HUmAniTé eST éGoÏSte), mais de nouveau, le problème est dans l’équilibre. Je veux me soucier du sort de l’humanité, mais bien sûr que la série ne va pas se finir avec tout le monde qui meure, et alors qu’il reste 30 minutes avant la fin, on ne va pas commencer à discuter des pour et du contre de la transcendance (ne vous inquiétez pas, je vais le faire pour eux). Est-ce que j’ai oublié le mind-drive pendant un instant ? Absolument. Est-ce que j’ai eu peur pour Emori, puis pour Murphy ? Pas un instant. Et encore moins lorsque d’autres personnages se sont retrouvés gravement blessés, parce que même Jason Rothenberg n’aurait pas osé tuer la moitié de son casting dans le dernier épisode. C’est ce que je veux dire, maladroitement, lorsque j’appelle cette épisode « déséquilibré » : il y a des moments émotionnels pas dépourvus d’intérêt, mais face à cet enjeu aussi majeur (bien que complètement froid) qu’est l’annihilation de l’humanité, c’est difficile de croire que quoi que ce soit qui se passe est important.

Permettez-moi un détour. Il y a un épisode de la saison 5 d’Esprits Criminels auquel je repense souvent, parce que je trouve sa conclusion spectaculaire. Dans « Mosley Lane », le BAU en vient à connecter plusieurs disparitions d’enfants sur une dizaine d’années à un seul et unique couple, avec preuve qu’au moins certains de ces enfants sont encore en vie. C’est alors, là aussi, une course contre-la-montre : le BAU essaye d’identifier le couple de ravaisseurs alors que les enfants, comprenant que ces derniers prévoient de les tuer un à un lorsqu’un d’entre eux est tabassé à mort, et décident de s’échapper. Aux quartiers du BAU, on rencontre les parents, tous à fleur de peau : les plus vieux enfants sont utilisés pour aider à enlever de nouvelles victimes, et là où une mère se réjouit de savoir que son fils est encore en vie après huit ans, un couple est horrifié de savoir qu’il a participé à l’enlèvement de leur fille juste la veille. Lorsque les trois enfants survivants sont réunis avec leurs parents, à la fin de l’épisode, c’est à un soulagement joyeux et une profonde tristesse – au cours des années, le couple de criminels a tué neuf de ses victimes, et tous les parents n’ont donc pas le droit à des retrouvailles. C’est dévastant, mais beaucoup avaient déjà fait leur deuil et s’attendaient au pire : avoir des réponses est déjà un soulagement. Charlie, le plus vieux des enfants libérés, va voir un des couples et leur explique que leur fils, Stephen, était comme un frère pour lui, et qu’il est mort en héros en sauvant la vie de la dernière petite fille enlevée. Pour les parents, c’est un coup de poing : ils fondent en larmes, plus dévastés que jamais d’apprendre que leur fils disparu depuis sept ans était encore en vie la veille. Si seulement il avait pu tenir un jour de plus, juste un… si seulement.

Cette scène est d’autant plus réussie que ces personnages ne sont pas l’ancre émotionnelle de l’épisode – un rôle laissé à la mère de Charlie, qui n’a jamais abandonné le retrouver, quitte à ne rien faire d’autre de sa vie. La mort de Stephen, plus tôt dans l’épisode, n’est là que pour mettre l’intrigue en motion : cela pousse Charlie à organiser leur évasion et éventuellement tuer leur ravisseuse. La conclusion est puissante parce que d’une certaine manière, elle nous prend de surprise, comme la douleur des parents de Stephen, soudaine et si vive alors qu’ils avaient fait leur deuil des années auparavant. Ce sont des personnages dont on ne sait rien, avec lesquels on a passé peu de temps, mais à les voir d’effondrer, la mort de leur enfant en devient aussi essentielle, voire plus, que le fait que trois autres ont survécu. La série a beau insister sur l’importance de se concentrer sur les victoires et non pas sur les pertes, pendant un instant, la balance penche dans l’autre sens : c’est une jolie façon d’équilibrer les enjeux et les émotions de l’intrigue.

Qu’est-ce que The 100 aurait pu faire pour mieux équilibrer son finale ? A vrai dire, je ne sais pas vraiment. La transcendance est un tel enjeu, c’est difficile d’y accrocher des émotions – et comme je le disais plus tôt, je ne suis pas sûre que ce soit ce que la série veut faire. D’un autre côté, The 100 cherche clairement nous à faire ressentir quelque chose, ou Clarke aurait été laissée comme seule survivante de l’humanité à se morfondre sur Terre (une fin à laquelle j’ai cru, un instant, et qui m’aurait vachement plus enthousiasmée). Et pourtant, le happy end de nos héros, qui se construisent un camp sur Terre à l’orée d’un lac, heureux d’être ensemble, semble bien pâlot en comparaison de l’assimilation de l’humanité toute entière dans une mystérieuse conscience dépourvue d’émotions : c’est vraiment difficile de concilier les deux, et The 100, en refusant de faire le choix, dessert ses deux points de conclusion.

J’admets qu’il serait un peu hypocrite de ma part de critique The 100 pour avoir fait le choix de ne pas tuer certains de leurs personnages principaux dans leur finale alors que j’étais très en colère lorsqu’ils ont fait le choix inverse durant la saison, mais les circonstances ont de l’importance. Je ne voulais pas qu’Emori meure, ni même Madi, mais quel poids aurait eu leur mort à quelques minutes de la salvation ! Non seulement cela aurait été émotionnellement puissant – une perte, une vraie perte, injuste, définitive – mais cela aurait également servi à mieux marquer la différence entre transcender et mourir. Mais non, The 100 est trop cool pour les morts qui servent l’intrigue : elles se doivent d’être aléatoires et inutiles, comme dans la vraie vie, qu’importe la satisfaction narrative.

Vivre, transcender, mourir (ou qui se souvient de la Cité de Lumière ?)

Il était une fois une intelligence artificielle qui, pour sauver l’humanité d’une annihilation nucléaire imminente, décidait de télécharger leur conscience dans la Cité de Lumières, une utopie virtuelle, où tout un chacun serait débarrassé de souffrance, de haine, et de toute douleur associée à notre défectueuse enveloppe corporelle humaine. Débarrassés de tous sentiments négatifs, l’humanité promettait d’être à jamais satisfaite – mais aussi infiniment diminuée. Parce chaque souvenir heureux a une contrepartie négative (voir aussi Vice-Versa), il s’avéra qu’il était impossible d’être véritablement heureux lorsqu’était exclue toute possibilité du malheur (voir aussi Charmed saison 7). L’amour et la haine sont de vieilles sœurs, la paix n’arrive qu’après un conflit, la vie est d’autant plus appréciable qu’elle est finie : et c’est pourquoi Clarke, soutenue par ses amis, détruisit la Cité de Lumières, et sauva l’humanité. La fin.

Il est vrai que les survivants de la saison 3 ne savaient pas que Praimfaya II était imminent, sans quoi ils auraient possiblement fait un autre choix – ou au moins ce seraient arrangés pour qu’il y ait un choix. Il est également vrai que la série a évolué sur certaines de ses positions : en saison 3, les doubles électroniques n’étaient pas considérés comme des vraies copies des êtres humains, alors qu’en avançant, la série a commencé à admettre que la puce du commandant contenait toutes les consciences des commandants passés, entières et réelles, et que chaque puce, d’ailleurs, était une copie de la conscience qui pouvait être téléchargée et éventuellement ressuscitée. Et s’il y avait encore des doutes après la saison 6, puis après Sheidheda, le finale a confirmer que oui, la puce contenait une « conscience humaine » puisque Emori a eu le droit de transcender. Je débattrais bien de questions éthiques et philosophiques qui émergent de ce constat, mais on va déjà avoir les mains pleines avec la transcendance, donc pour la forme, admettons juste que probablement que la Cité de Lumière aurait été mieux reçue par nos survivants en saison 7 qu’elle ne l’a été en saison 3. Nos héros sont aujourd’hui plus fatigués, et certes, il n’y a pas d’apocalypse imminente (sauf celle que promet l’Entité si le test est échoué), mais d’un autre côté, la violence n’a pas cessé et tout le monde a plus ou moins abandonné l’idée qu’une paix était possible. Mais est-ce suffisant pour vendre la transcendance comme la solution à tous les problèmes ?

Non.

Pardon, j’ai été un peu rapide, laissez-moi y réfléchir un peu pl…

Non.

A moins qu…

Il n’y a rien, dans cette saison, qui suggère qu’une vie éternelle en faisant un avec l’univers est préférable à tout ce qui est offert par l’expérience humaine. Clairement, ça l’est puisque la plupart des gens font le choix d’y rester, mais à part la conviction aigue de Bellamy, qu’il n’a jamais eu l’occasion d’expliciter en profondeur, je ne peux que croire le mot de l’Entité et, à titre personnel, j’ai moyen envie de lui faire confiance – plus sur ça par la suite. Avec la saison précédente en tête, je dirais même que The 100 s’était positionnée défavorable à l’idée de quelque existence éternelle : Kane est horrifié à l’idée de revivre dans un nouveau corps, et tout ce dont rêve Gabriel c’est d’enfin mourir pour de vrai après des siècles d’existence. De plus, je n’ai jamais eu l’impression que la série se faisait porteuse d’une voix pro-vie après la mort ; certes, il y avait bien le « may we meet again », mais c’était de l’ordre du spirituel, et l’accent à toujours été mis sur l’importance de vivre le présent. Le choix de mourir de Jasper, à la fin de la saison 4, était certes défaitiste, mais aussi une option viable et respectable – et même s’il aurait probablement préféré la Cité de Lumières, la série n’a jamais présenté l’évitement de la douleur comme un choix sain, bien au contraire. Vivre, c’est accepter la possibilité de la douleur, mourir, c’est enfin y mettre fin ; oui, cela fait un peu martyr, mais jusqu’à la saison 7, la série s’en sortait plutôt bien parce qu’elle insistait sur l’importance de l’amour, des liens qui nous unissent, de tout ce qui est beau et merveilleux dans le monde. Alors forcément, j’ai un peu du mal à voir dans cette transcendance autre chose qu’un suicide collectif… mais ai-je raison ?

Nous ne savons pas grand-chose de la transcendance, mais de ce que nous savons, c’est un processus mis au point par une intelligence extra-terrestre qui permet à d’autres formes de vie de rejoindre ses rangs et de se fondre dans sa conscience collective – de ne faire qu’un avec l’univers. La transcendance « libère » de l’enveloppe corporelle et rend impossible la douleur, la violence, la haine, la mort – mais pas l’amour, a priori. Ce n’est pas clair si les personnes transcendées gardent leur individualité ou si elles deviennent la part d’un tout, ou les deux ; ce n’est pas non plus clair si le processus est définitif, s’il est possible de revenir sur le choix une fois qu’on a décidé de transcender. Je ne vais pas vous mentir, la transcendance a l’air super-paisible – mais aussi carrément ennuyeux. Dans ma tête, je me l’imagine comme le paradis tel qu’il est décrit dans Buffy, donc quelque chose qui est plutôt chouette à ressentir mais qui est également carrément la fin d’une existence : et même si transcender n’est pas mourir, ce n’est pas non plus vivre.

Life’s not a song. Life isn’t bliss. Life is just this. It’s living.

Buffy the Vampire Slayer saison 6, « Once More, With Feeling »

Ce que Buffy fait spectaculairement dans sa sixième saison, c’est réconcilier la possibilité d’une existence sans douleur avec l’intérêt de ressentir pleinement la vie dans toute son imperfection. Le choix que fait The 100 est bien moins intéressant, et beaucoup plus ambigu lorsqu’on tente de comprendre le propos de la série. Après la transcendance, la majorité de l’humanité décide de rester dans cette (non-)existence sans conflit, alors que les personnages principaux (moins Madi), préfèrent rejoindre Clarke pour vivre et mourir en tant qu’humains. L’Entité pense clairement que c’est un choix stupide, mais elle n’insiste pas trop, de toute façon elle a déjà plein d’humains pour lui apprendre sur l’amour, si les derniers veulent mourir comme des rats, grand bien leur fasse ; il est cependant laissé libre au spectateur de se faire une opinion sur lequel des deux choix est le meilleur. Mais le processus est biaisé parce que, clairement, la série veut dire quelque chose… mais dès que je réfléchis trop à quoi, le propos devient sacrément dérangeant. Et puis, qui suis-je pour juger ? Si l’humanité ne veut faire qu’un avec l’univers, c’est son choix après tout. Parce que c’est un choix, n’est-ce pas ? Il n’y a pas de clause contractuelle bizarre qui pourrait peser dans la balance et potentiellement influencer le choix de…

Il faut qu’on parle de l’eugénisme

Revenons-en arrière un moment… comment l’humanité en est venue à choisir la transcendance ? Et bien, c’est compliqué. L’intelligence extra-terrestre que j’ai choisi d’appeler l’Entité a mis au point un test afin de décider qui était apte à rejoindre sa conscience collective ou méritait de mourir. Je ne sais plus si c’est explicité dans la série mais elle est probablement responsable des pierres de téléportation, qu’elle a dû laisser sur quelques planètes afin de recruter des candidats. L’Entité juge l’entièreté de l’espèce à partir d’un unique candidat, sans prendre en compte la façon dont il a été choisi (ou pas), ni ses intentions ; si le candidat répond à ses standards, c’est la transcendance, si ce n’est pas le cas, l’espèce est exterminée. Quels sont ses standards ? Encore une chose qu’on ne sait pas, mais je dirais qu’il faut faire preuve d’une intégrité morale et prouver qu’il est possible de s’améliorer ? Cadogan aurait probablement échoué le test, Clarke le rate parce qu’elle choisit de tuer Cadogan sous les yeux de l’Entité et ne montre pas de regret, mais Raven le réussit parce qu’Octavia parvient à convaincre deux camps de faire la paix pendant quelques secondes. La logique est probablement limpide, mais j’avoue que je n’arrive pas à donner des standards plus clairs que les deux banalités énoncées plus haut. Mais à vrai dire, la logique importe peu : le simple fait que l’Entité se permette de juger une espèce entière selon ses propres critères moraux, et de la condamner à l’extermination si elle ne la considère pas digne est extrêmement dérangeant… et ça le devient encore plus lorsqu’on considère la petite clause supplémentaire pour ceux qui font le choix de ne pas transcender : la stérilisation.

Voici donc, sans lire entre les lignes mais en prenant un peu de recul pour rendre les choses plus abstraites, la fin de The 100. Une civilisation technologiquement plus avancée et supposément moralement supérieure organise une rencontre avec un représentant d’autre civilisation. Cette rencontre est une sorte de procès : si elle se passe bien, les accusés auront la chance de pouvoir rejoindre les rangs de la civilisation « supérieure » ; si elle se passe mal, ils seront tous exterminés. La civilisation « supérieure » n’est pas complètement déraisonnable, et elle est prête à donner une seconde chance avant de commettre un génocide donc tout va bien. Une fois le jugement prononcé, et s’il est favorable, la civilisation « inférieure » est assimilée à la supérieure : elle abandonne ses pratiques « barbares » au nom de la paix, et elle sera heureuse de le faire parce que l’expérience offerte par la civilisation « supérieure » est positive et paisible. Bien sûr, chaque membre de la civilisation « inférieure » peut refuser l’assimilation : dans ce cas, ils seront autorisé à vivre le restant de leurs jours comme bon leur semble, mais ils seront stérilisés, et ils ne pourront plus jamais faire le choix de faire partie de la civilisation « supérieure » et de vivre à jamais en harmonie avec l’univers.

Je n’ai pas l’impression d’aller loin dans mon interprétation lorsque la première chose que cela m’évoque, c’est le colonialisme et l’eugénisme.

The 100 a souvent évité de parler de colonialisme, mais ça a toujours été là, en filigrane, sans que la série ne prenne vraiment position. C’est surtout évident dans le « deuxième livre », soit les saisons 6 et 7 : nos héros s’estiment moralement supérieur aux Primes et à leur société de classe, ils renversent le système, chaos s’ensuit, les gens ne sont pas forcément heureux d’être libérés, puis finalement ils se font (presque) tous exterminer alors que les Prisonniers et Wonkru s’en sortent sans trop de pertes. Les habitants de Sanctum s’en serait mieux porté si l’Eligius IV n’avait jamais trouvé leur planète : les Primes auraient certes continué de régner en tyrans (avec certains d’entre eux se rendant compte des failles du système), mais les enfants de Gabriel auraient continué d’essayer d’induire une révolution afin de renverser le système. L’arrivée a envenimé la situation, déclenché une guerre civile, et condamné une civilisation – comme je disais, le parallèle avec la colonisation n’est pas très loin. Et si ce n’est pas une colonisation « typique », dans le sens que Clarke et compagnie n’établissent pas « vraiment » une colonie (enfin si mais non), la mentalité reste la même : nos héros se croient moralement supérieurs et se lancent dans l’idée de « civiliser » les peuples qu’ils rencontrent, de leur opposer leur mode de pensée ô-si-Occidental. Puis arrive l’Entité… qui fait exactement la même chose, dans l’autre sens.

Une partie de moi que nos héros se voient rendre la monnaie de la pièce. Je trouve ça cynique et réjouissant… C’est cruel, mais si c’est pour critiquer l’Occidentalisme, pourquoi pas après tout ? Sauf que, de nouveau, je ne suis pas sûre que c’est ce que la série veut faire – à vrai dire, je suis désormais certaine que ce n’est pas ce que Rothenberg avait en tête, mais ça on y reviendra plus tard. Ce serait une chouette interprétation, mais elle est laborieuse : le finale ne remet pas vraiment en question la doctrine colonisatrice, puisque la transcendance est présentée comme the place-to-be. L’humanité est heureuse d’être assimilée à cette nouvelle civilisation extra-terrestre et d’abandonner tout ce qui faisait sa particularité, parce que c’est comme ça qu’on obtient la paix et c’est pour son bien de toute façon, c’est l’Entité qui l’a dit. Et puis si vous refusez, c’est votre choix, mais on va juste s’assurer que vous ne pouvez plus faire d’enfants, comme ça on est bien sûr que votre espèce va s’éteindre naturellement, comme elle le devrait. Je ne pense vraiment pas que ce soit l’intention des scénaristes de dire que « la colonisation c’est bien », mais étant donné que ça a toujours été un blindspot de The 100, terminer la série de la sorte est tout de même fâcheux. Très fâcheux.

TLDR; Transcendence Is Terrible And This Is Why You Should Not Do It

Je ne veux pas faire de procès d’intention aux scénaristes de The 100, mais ils ont choisi cette fin, avec tous les détails qui y sont associés, alors c’est vraiment difficile de ne pas lire entre les lignes pour essayer de comprendre ce qu’ils ont voulu dire.

Lorsque j’ai vu l’épisode, j’ai un instant crû que ça se terminerait sur Clarke et Picasso, seuls, qui partiraient à la redécouverte de la Terre – et peut-être tomberaient sur les débuts d’une nouvelle civilisation « humaine », mais pas teintée de la précédente histoire. Un renouveau, de l’espoir qu’il y a moyen d’essayer de reconstruire un monde, peut-être différent, peut-être étrangement semblable, imparfait mais magnifique dans son imperfection, parce qu’ainsi va la vie. Puis lorsqu’il s’est avéré que nos héros avaient choisi de rester avec Clarke je me suis dit, oh, c’est mignon, ils vont pouvoir faire ça tous ensemble, c’est une chouette manière de célébrer les liens qui les unissent. Un peu biaisé parce que ça suggère que le seul moyen pour l’humanité de dépasser ses conflits est que tout le monde s’aime et fasse partie de la même famille (ignorant complètement la possibilité d’une fraternité universelle basée sur la tolérance et le respect des différences) mais hé, je ne vais pas chipoter non plus, puis l’Entité a lâché la clause stérilisation et d’un coup tout s’est effondré. Il s’avère que tout ce qui fait l’humanité, son aspect conflictuel responsable du pire, mais aussi du meilleur, c’est mauvais ? Qu’en réalité, j’ai tort de penser que la transcendance c’est mal, parce que c’est la seule solution pour l’humanité : elle mérite de se suicider collectivement, c’est toujours mieux que la violence qu’elle inflige partout où elle va. OK. C’est un choix.

Je comprends bien que The 100 a toujours dépeint les failles de l’humanité – et ça peut se comprendre, en partie, parce que la série s’est toujours déroulée pendant des périodes de crises. Nous n’avons pas vu les cinq ans sur l’anneau, où les années où Clarke a élevée Madi ; et nous n’avons eu le droit à qu’un épisode « paisible » cette saison, celui où Dyoza et Octavia ont élevé Hope. Et je ne dis pas que cela devrait suffire à sauver l’humanité dans le monde de The 100 – ils sont horribles et égoïstes, à quelques exceptions près – mais surement, il y avait de l’espoir pour que l’humanité puisse dépasser ses différences et collaborer ? Le beau discours d’Octavia, qui décide d’inclure les Bardoans dans Wonkru, n’est-il pas la preuve que l’humanité est ouverte à la possibilité de changement, pour construire ensemble une nouvelle civilisation ?

La réponse de The 100 est oui, et non. Oui, l’humanité peut changer – c’est pour ça qu’elle est autorisée à transcender – mais non, elle n’a pas le droit à un futur parce qu’à quoi bon, vraiment, on sait tous qu’elle finira par retomber dans ses travers. Et je peux comprendre ce point de vue. Je pense qu’il n’est pas aussi dissident que ce qu’il en a l’air : beaucoup de gens ont abandonné l’idée que l’espèce humaine mérite salvation, et ont accepté le fait que la fin est proche. Et écoutez, je suis moi-même une petite boule d’angoisse qui se fait des nuits blanches à penser au réchauffement climatique, à la possibilité d’une apocalypse nucléaire, aux génocides qui ont lieu sans qu’on cligne des yeux, aux personnes migrantes qu’on laisse mourir aux portes de l’Europe – bref, à la fin de l’humanité. Je n’ai pas besoin d’une série pour me faire prendre conscience de ma responsabilité dans tout ça, mais je peux l’apprécier ou du moins, la respecter : je n’ai pas passé un bon moment devant Years and Years et ses héros égoïstes, mais je trouve la série très réussie dans son genre. Je ne dis pas non à une leçon de morale ; la recevoir de The 100, cependant, c’est une bonne blague.

Alors donc, vous essayez de me dire que ces personnages que vous avez forcés dans des situations extrêmes construites de toute pièce pour que la violence soit l’unique issue, avant d’abandonner tout bon sens pour les faire devenir complètement impulsifs et individualiste à l’extrême, sont la preuve que l’humanité ne mérite pas de survivre, parce qu’ils ne répondent pas aux standards moraux que vous avez établis ? OK.

Je ne vois pas vraiment d’autre chose à dire que ça : OK. OK, c’est votre choix. OK, c’est la leçon que vous voulez que je tire de votre série. OK, il n’y a pas de futur pour l’humanité. OK, la transcendance est mieux que vivre dans ce monde où tout n’est pas noir ou blanc. OK, il vaut mieux aspirer au bonheur total d’accepter la conflictualité des émotions et s’autoriser de ressentir la douleur de temps en temps. OK.

Ah si, j’ai autre chose à dire : tout ça pour ça ? Vraiment ?

OK.


L’argument pour : Une conclusion pragmatique qui célèbre l’amour et toute sa finitude

Lorsque j’ai noté le finale de The 100 dans mon joli petit tableau excel que je tiens cette année, je lui ai donné 17/20 donc clairement, je n’ai pas passé un mauvais moment. A vrai dire, je me suis plutôt éclatée et j’ai été satisfaite, à l’instant, de ce qui se passait. J’avais des points négatifs en tête, certes, mais j’étais persuadée qu’en les mettant sur papier le bon équilibrerait le moins bon. C’est en digérant l’épisode que je me suis aperçue que sous les artifices d’une fin heureuse, la conclusion me mettait mal à l’aise et plus j’y réfléchissais, moins je l’aimais et, et… et bien vous avez lu mon argumentaire négatif, donc vous savez plus ou moins ce que j’en pense.

Mais The 100 ne peut être résumée à « son message ». Alors laissons de côté la leçon de morale de Jason Rothenberg et essayons ensemble de voir si cette fin n’est pas juste ce qu’il fallait pour nos héros, ceux-là même avec qui ont a passé sept ans, du moins ceux qui ont survécu jusqu’à ce dernier épisode. C’est pour eux que je regardais la série, pour les voir être torturés par leurs scénaristes légèrement sadiques (je dis ça en bien, du moins pendant un moment), rationaliser leurs mauvais choix, essayer de faire la paix et de s’aimer. Le finale a eu son lot de jolis moments où ces personnages ont eu l’occasion de briller, et je ne compte pas les oublier.

BIM DANS VOS DENTS : Une ode aux héroïnes de la série

Il fut un temps où The 100 brillait par ses personnages, et si j’ai eu tendance à l’oublier durant la septième saison, je suis bien contente d’avoir eu une piqûre de rappel durant le dernier épisode. Puisque Murphy était relégué au troisième plan, à s’accrocher à la vie d’Emori, étant le super-boyfriend ultra-amoureux qu’il est, ce sont surtout les femmes du casting qui ont eu l’occasion de montrer ce dont quoi elles sont faites et pour une fois, ça ne semblait pas vain ni forcé ni utile ?

D’abord Raven. Autant j’ai trouvé son arc de la saison complètement à côté de la plaque, autant je ne suis pas triste que ce soit elle qui ait passé le test. Avait-elle besoin de sacrifier les Prisonniers pour se rendre compte que parfois le prix à payer était trop fort, alors qu’elle a toujours été la grande défenseure de la vie là où ses compagnons avaient la gâchette facile ? Non. On aurait probablement pu arriver au même résultat sans lui salir les mains, mais cela n’aurait pas été assez sombre pour la saison – soit, comme je disais le résultat reste réussi. J’étais émue de la voir réunie avec Entité-Abby, encore plus qu’elle comprenne directement pourquoi elle avait pris cette forme, et c’était chouette de la voir plaider pour l’humanité en tout sincérité, là où ça aurait sonné faux dans la bouche des autres.

Clarke, quant à elle, a finit la saison pareille à elle-même mais ça a également mieux fonctionné pour moi qu’auparavant. Oui, je trouve ça terriblement dommage que depuis trois saisons, sa personnalité ait été essentiellement réduite à « c’est une mère prête à tout pour sauver sa fille », mais c’était à propos qu’elle l’assume jusqu’au dernier moment. Clarke aurait toujours échoué le test, même sans une Madi paralysée : elle est trop rongée par la culpabilité. Le fait qu’elle tue Cadogan devant l’Entité (qui prend pour elle la forme de Lexa) est juste un dernier rappel qu’elle a depuis longtemps perdu le chemin – si vous me demandez moi avis, c’est parce qu’on lui a retiré son cœur. C’était un plaisir de voir Alycia Debnam-Carey dans le costume de Lexa comme de voir les deux actrices interagir. J’ai également trouvé la scène finale avec Madi très réussie, alors que j’avais été laissée de marbre dans le précédent épisode : si Clarke ne doit être qu’une mère, autant en tirer au profit, et c’est ce qui se passe ici. Enfin, j’ai trouvé à propos qu’elle finisse en martyr. Inutilement cruel – vraiment, c’est la seule, parmi ceux qui survivent, à avoir compromis ses chances à la transcendance ? Ugh, OK – mais dans la continuité de la série, où elle se mettait constamment le poids du monde sur les épaules même lorsque personne ne lui demandait de le faire. C’est la Clarke qu’on a toujours connue, pour le meilleure et pour le pire, et c’est la Clarke que ses amis aiment, puisqu’ils sont prêts à « sacrifier la transcendance » pour vivre avec elle.

Récupérée de HITC

Enfin, il nous reste Octavia. Ah, Octavia ! Qu’est-ce que j’étais contente que la série la fasse maturer afin de la débarrasser du fardeau de Blodreina. Elle est vachement bien, cette nouvelle Octavia, fidèle à qui elle a toujours été, mais moins hantée et bien plus droite dans ses bottes. Elle s’est trouvé un petit copain qui la vénère, comme elle le mérite, elle s’est trouvé une sœur pour remplacer son frère (Echo n’a pas fait assez de choses cet épisode pour mériter un paragraphe, mais elle était aussi très bien en tant que seconde dévouée), et elle est redevenue la leader qu’on savait qu’elle pouvait être, vous savez, avant qu’elle se retrouve « forcée » à devoir imposer la peine de mort et le cannibalisme aux habitants du bunker. Bien sûr qu’on pouvait compter sur Octavia pour arrêter la dernière guerre ! C’est la grande unificatrice ! « You are Wonkru or the ennemy of Wonkru », ou comme elle le dit bien mieux :

Enough! What the hell are we doing here? You swore an oath to fight for all mankind? Well, look around you! We are mankind! We are one crew. If I kill you, I kill myself. If we keep killing each other, there won’t be anyone left to save!

The 100 saison 5, « The Last War »

(Juste imaginez à quel point cela aurait été cool si tout le monde n’avait pas transcendé après, genre l’Entité aurait dit « OK, vous avez du potentiel, peut-être plus tard vous serez vraiment prêt pour passer le test, on se voit dans 2000 ans », ou juste elle se serait barré pour toujours parce qu’elle avait tort, et les deux camps auraient dû vraiment se mettre à travailler ensemble pour construire un meilleur futur ! Pardon, points positifs, laissez-moi regarder mes notes un instant…)

Le fait que le combat ne soit pas facile à arrêter, la faute à Sheidheda qui aura fait chier jusqu’au bout (mais qui, dans cet épisode, a vraiment bien été utilisé, même si du coup ça, ça biaise un petit peu le test parce que sans lui, les deux camps ne se seraient probablement pas tirés dessus, ce qui est bien la preuve que l’Entité avait tort et que… Oups. Positivité donc.), a permis de bien établir la tension de la scène, et même si l’issue était facile à prédire, c’était tout de même un bon moment. On n’aura pas vraiment connu les Bardoans, les allégiances de Wonkru continuent d’être un mystère, mais Octavia a la fibre d’une leader – dommage que nous n’ayons jamais eu l’occasion de la voir l’exploiter pour le meilleur avant les dernières dix minutes de la série.

NON JE NE PLEURE PAS, c’est juste que j’ai une poussière dans l’oeil et aussi ma lentille a bougé et je coupe des oignons

Vous pensiez que j’avais oublié Emori dans mon palmarès des héroïnes en or ? Que nenni, je la réservais juste pour ce passage parce que bon, c’est pas que j’ai eu la larmouchette à l’œil pendant ses scènes mais peut-être un peu ? Je maintiens ce que j’ai dit précédemment sur le déséquilibre entre les enjeux et les émotions, et je pense que la série aurait pu mieux exploiter ses personnages pour donner de la puissance à ces propos, CELA ÉTANT DIT, je n’ai pas non plus été complètement imperméable à ce qui nous était proposé.

Récupérée de TV Insider

Richard Harmon et Luisa D’Oliveira ont été particulièrement remarquables cette saison, et ont le privilège d’avoir interprété le seul couple correctement développé de la saison (série ?). C’est un scandale que D’Oliveira n’ait jamais eu l’occasion d’être intégrée dans le casting principal, surtout étant donné l’importance de son rôle cette année. C’est peut-être le résultat des réécritures en court de chemin mais je pense surtout que les scénaristes ne se sont pas rendu compte de l’or qu’ils avaient sous la main.

[Pour votre information, Adina Porter (Indra), Jarod Joseph (Miller), Sachin Sahel (Jackson) et Jessica Harmon (Niylah) ne font pas non plus partie du casting principal ; par contre Shelby Flannery (Hope), Chuku Modu (Gabriel), Tasya Teles (Echo) et Shannon Kook (Jordan), oui. Maintenant, la question à 1000 euros est : est-ce que les personnages principaux ont tous été bien exploités cette saison et attention, la réponse est dans la question.]

La scène où elle meurt la première fois, la façon dont Murphy supplie Jackson pour qu’il lui implante sa puce, le fait que ce dernier ne cède que parce qu’il sait qu’il ne s’arrêtera pas à son refus : tout est très réussi. J’ai également été émue de leur scène dans l’esprit de Murphy, et je n’aurais pas été malheureuse que ce soit la fin pour Emori et/ou lui – enfin si, mais en bien. Puis la façon dont ils dansant à deux dans la tête de Murphy, pour qu’on passe ensuite sur le plan dans l’infirmerie ou Jackson et Miller partagent eux aussi un moment… Je ne suis pas faite de pierre chers lecteurs, je suis capable d’admettre que j’ai des émotions.

Anyway, lorsque je ne levais pas les yeux au ciel en réfléchissant aux conséquences de la transcendance, j’ai passé un bon moment et jusqu’aux dernières minutes de l’épisode, j’étais vraiment plutôt agréablement surprise. Forcément, le dernier épisode ne pouvait pas rattraper toute la saison, mais au moins il faisait de son mieux pour ne pas finir la série sur une note de désespoir profond et comment, j’ai déjà parlé de l’eugénisme, concentrons-nous donc sur la dernière scène de The 100, la toute dernière, et parlons d’amour et de tout ce qui est bon et pur et magnifique dans ce monde.

« This has never been just about love! (But it has.) »

Parmi les mystère de The 100, celui qui m’aura toujours éludé est la temporalité. Si vous jetez un coup d’œil à la ligne de temps sur le wiki, vous remarquerez que le gros des saisons se déroule, en tout, sur une demi-année. Les deux premières saisons se déroulent sur une cinquantaine de jours, pause de trois mois puis les saions 3 et 4 couvrent de nouveau deux mois. Il y a les six ans sur l’Anneau/ dans le bunker/ dans la Vallée, puis le événements de la saison 5 prennent place durant trois petites semaines, puis enfin les 125 de cyosommeil avant que tout le monde débarque sur Sanctum. La saison 6 se déroule sur environ dix jours et bien qu’il soit compliqué de tenir le compte pour la saison 7, je pense qu’on peut être généreux et dire que, pour Clarke, c’est deux semaines. Tout ça pour dire : la série n’a jamais vraiment pris le temps de nous montrer les personnages en train de vivre et non de survivre. Certes, ça crée des liens forts que d’échapper à des tribus ennemies ou de commettre des génocides mains dans la main (#Bellarke4Ever #NonPlatonicSoulmates), mais ce n’est pas tout ce qui fait une vie ; et la série a parfois été timide lorsqu’il s’agissait de nous montrer pourquoi nos héros voulaient tant vivre – et vivre ensemble, de surcroit.

Je n’en veux pas à The 100 d’être chargée en action et à vrai dire, avant la saison 5, je n’ai jamais trouvé que ça manquait de « moments personnages ». Mais avec le rythme effrainé qu’a pris leur vie sur ces trois dernières saisons (qui couvrent donc un mois et demi parce que non, je ne compte pas le dodo éternel), cela aurait été bienvenue de consacrer un peu plus de temps aux jolies choses du monde et de la vie avant la toute fin.

Récupérés de Pendragons & Buckleys

Oh my love, what is life if ye live it alone?

Poldark saison 4, « Episode 8 »

Oui chers lecteurs, il est temps pour un autre détour par une autre série, parce que c’est comme ça que je fais sens du monde qui m’entoure. L’heureuse élue est Poldark, que j’ai conseillée à ma colocataire et ai donc revue entre les diffusions des nouveaux épisodes de The 100, et plus particulièrement cet échange sur la beauté du monde et l’importance de l’apprécier, dont je n’ai mis que deux gifs parce que c’est spoiler-y. Le « all that’s good and pure and rare and beautiful in the world » est devenu un mantra que je me répète dès que je m’enferme trop dans ma tête et que le monde en devient sombre. C’est également ce que m’a évoqué, pendant un instant, la fin de la série, dans les paysages époustouflants de l’Amérique du Nord.

Poldark n’a pas le « cynique réalisme » de The 100, mais elle a des enfants qui meurent et des effondrements de mines, et des méchants qui veulent s’enrichir sur le dos de travailleurs affamés donc vraiment, tout ça est une question d’interprétation. Ce que j’aime dans ce moment, c’est que malgré l’adversité traversée par les personnages (et je peux vous dire qu’ils ont eu l’occasion de regarder l’horreur de l’humanité dans les yeux et à plusieurs reprises), le ton est plein d’espoir et d’optimisme – parce qu’il n’est pas égoïste de s’autoriser à trouver le bonheur, même lorsque le monde ne va pas bien. En vérité, ne nous voilons pas la face : le monde n’ira jamais bien. Et il est possible d’être heureux malgré tout – il est même possible d’être heureux sans pour autant accabler encore plus le reste de l’humanité. Il est possible, en s’autorisant le bonheur, de rendre le monde meilleur. Ce n’est pas toujours le choix que font les gens et oui, nos sociétés telles qu’elles existent maintenant sont extrêmement individualiste, mais ce n’est certainement pas en excluant la possibilité de bonheur que les choses vont changer. L’optimisme peut nous conduire à notre perte, mais ça peut également être notre salvation – à chacun de voir en « perte » et « salvation » ce qu’il veut.

Qui lui dit ? Quelq’un lui dit ?

Si la transcendance est vraiment quelque chose de souhaitable – une vue que je ne partage pas, au cas où ce n’était pas clair ou que vous aviez oublié parce que la lecture de cette article vous a pris plusieurs heures (my bad) – alors, certainement, le fait que nos héros décident d’y renoncer pour vivre et mourir en tant qu’humains avec Clarke est un honorable sacrifice. Plus que ça, c’’est une célébration des liens qui les unissent, un rappel que si l’amour les a motivés à faire des choix terribles, c’était parce que cet amour était fort. Eux seuls ont compris la valeur de la vie humaine, valeur qui n’est que décuplée par sa finitude ; et ils sont même prêt à renoncée à toute progéniture pour vivre ensemble, même si ce n’est que pour quelques décennies. Là est la vraie salvation.

Alors au diable la survie de l’humanité. Laissons les questions de guerre et de paix à d’autre pour le moment (et à jamais), acceptons qu’il est impossible de tout contrôler et satisfaisons-nous de la douceur du soleil et du clapotis de l’eau. Puisque tout a une fin, qu’est-ce que ça change que nos héros soient la dernière génération et non pas leurs arrière(-arrière-arrière-etc.)-petits-enfants ?

Dans les grandes plaines Nord-Américaines, lers derniers humains sauvages partagent un rare moment de paix avant de probablement se disputer parce que l’un d’entre eux a encore mangé le dernier yaourt à la fraise sans demander si quelq’un d’autre le voulait. Récupérée de Den of Geek.

Techniquement, rien ne nous dit, d’ailleurs, que seuls nos héros ont décidé de renoncer à la transcendance. Peut-être que sur Sanctum, les Prisonniers ont décidé de purger le restant de leur peine en compagnie les uns des autres. Peut-être que Skyring accueille quelques Bardoans finalement plus satisfaits de leurs sentiments humains. Peut-être que Clarke, Murphy, Emori, Miller, Jackson, Niylah, Gaia, Indra, Echo, Octavia, Levitt, Hope et Jordan ne sont pas les seuls êtres humains à s’aimer assez fort que pour vouloir vivre cet amour jusqu’au bout, et accepter la mort comme condition sine qua none.

Au-delà des problèmes éthiques de la stérilisation contrainte, le fait que les derniers humains ne puissent plus avoir d’enfants ne fait d’ailleurs que renforcer le propos qu’il faut accepter qu’un jour, l’humanité disparaitra. Et ce n’est pas un message qui me dérange en soit – c’est un fait. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas profiter de la vie, et continuer à essayer de rendre le monde meilleur, et se morfondre dans son désespoir. Non. Je sais que c’est tentant, je sais que parfois c’est difficile, mais on n’a pas tellement le choix. On ne peut pas transcender, donc soit on vit, soit on meurt.

TLDR; Bad Is Cool And Edgy, Just Feel Good Alreday And Leave Me Alone

Me voilà donc dans une position difficile. J’ai apprécié le finale de premier abord grâce à des héroïnes qui claquent et par satisfaction de voir enfin se dérouler un finale de tout évidence prévu depuis un moment (et même peut-être un tantitnet trop orchestré), mais pour continuer à en avoir une opinion positive, il faut que je me force à fermer les yeux sur ses plus grands défauts. Comme la transcendance : je dois accepter que c’est pour le meilleur, mais j’ai tout de même l’impression que nos héros sont les vrais gagnants de l’histoire, parce qu’au moins ils pourront ressentir, et vivre et éventuellement mourir, ce qui, pour moi pauvre humaine incapable de voir au-delà de ma propre expérience, est plutôt cool.

Et puis il y a cette histoire d’Entité qui fait plein de choix pour nos héros et je ne suis pas censée trop réfléchir à ce que ça veut dire… Il y aurait pu avoir plein de raisons pour laquelle l’humanité ne pouvait plus avoir d’enfants. L’air de la planète tue les cellules reproductrices, par exemple. Mais choisir que ce soit l’entité extra-terrestre supérieure qui dise d’un air désinvolte « there will be no offspring, of course » comme si c’était évident et naturel de stériliser les gens pour les autoriser à vivre… que suis-je censée faire de ça ? Comment puis-je faire la paix avec le finale ?

All that’s good and pure and rare and beautiful in the world. All that’s good and pure and rare and beautiful in the world. All that’s good and pure and rare and beautiful in the world. All that’s…

Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Je veux bien entendre que j’intellectualise trop – c’est probablement le cas – et tout ce que je dois faire, c’est accepter le happy-end doux-amer qui m’est proposé et ne pas trop réfléchir… mais c’est curieux, étant donné que le créateur de The 100 a souvent reproché à son audience d’être trop concentrée sur les émotions positives, et a bien insisté que la série n’avait pas pour but de nous faire nous sentir bien. Et c’est précisément pour cette raison que j’ai du mal à cette fin heureuse « sous condition », à laquelle j’aurais infiniment préféré une fin un peu plus déprimante mais moins ambigüe.

J’en ai marre de me creuser les méninges pour essayer de comprendre si la transcendance c’est bien ou mal, si c’est chouette que tout le monde finisse ensemble ou super-déprimant parce que c’est sous les conditions d’une Entité extra-terrestre dont on ne sait rien. Je ne sais pas quoi penser de ce finale parce qu’il m’a fait me sentir bien cinq minutes et cinq minutes seulement, avant que tout s’effondre et qu’il ne reste que l’horrible sentiment que rien de ce qui s’est passé durant ces sept saisons n’avait quelque importance. Que les morts étaient en vain. Que les dilemmes moraux n’étaient qu’un test. Que les humains ne sont pas capables de vivre en paix (sauf si c’est entre amis et encore, que sur une génération). Que l’humanité ne mérite pas de survivre, que la vie ne vaut pas vraiment la peine d’être vécue, et que nous sommes tous des marionnettes dans le jeu de l’univers et ô Jason, dis-moi, dis-moi quoi penser avant que je ne perde toute foi dans le futur.


Vers un compromis ?

C’est la dernière ligne droite chers lecteurs, voici venu le moment où je vais enfin me décider dans mon interprétation du dernier épisode du finale, savoir si c’est bien ou mal, audacieux ou désespérant, et promis, je ne vais pas faire de digression, aucune du tout, et certainement pas me lancer dans des interprétations super-alambiquées de la série non jamais je n’os…

Jason Rothenberg est l’Entité

Lecteurs, je suis très fatiguéeé.

OK, alors je n’allais pas me plonger dans une spirale anti-Rothenberg parce que j’ai comme philosophie de vie de ne pas juger les individus que je ne connais, de donner à tout le monde le bénéfice du doute, et globalement, j’essaye d’aimer et non pas de haïr. Alors vraiment, je me suis dit « Enid, non, tu écris ton article mais tu restes loin des théories du complot et surtout, tu évites de citer les interviews de Jason Rothenberg comme preuves incriminantes parce qu’il est responsable pour une série que t’aimes et qui es-tu pour le juger ? », mais au finale je suis une humaine imparfaite qui ne peut s’empêcher de tomber dans les vicissitudes de ma condition, c’est de ma faute si nous n’allons pas pouvoir transcender, en tant qu’espèce.

Je commencerai donc ce point en disant un sincère merci à Rothenberg et son équipe de scénaristes pour les personnages qu’ils ont écrits et le monde qu’ils ont créé. Ce fut un sacré voyage, et je n’oublie pas que sans vous, nous n’aurions jamais décollé. Si je me permets un petit détour pour discuter the Rothenberg-of-it-all cependant, c’est parce qu’il a discuté en longueur ses intentions dans des interviews et qu’à la question « qui est l’Entité ? », la réponse la transparait n’est pas « Dieu » mais probablement « Jason Rothenberg ». THEORIES DU COMPLOT GO GO GO.

Je viens de passer pas mal de temps à essayer de comprendre par moi-même ce que la série pouvait dire, mais il s’avère que le créateur a déjà fourni son explication dans une séries d’interviews. C’est une de ses habitudes – il adore expliquer la série et justifier ses choix, un peu pour mettre en colère les fans (procès d’intention) qui lui rendent la pareille avec beaucoup de négativité depuis quatre ans (double procès d’intention !). Rothenberg ne se remet pas beaucoup en question, c’est un choix, et il a un certain mépris (procès d’intention) pour toute une partie de sa fanbase, c’est également un choix. Je me tiens à l’écart de ses conflits, puisque je ne me considère pas comme une part de la fandom de The 100 quoique, puisque j’en suis à près déjà 10000 mots d’écrits sur ce finale, peut-être que je me mens à moi-même ?

Bref, c’est important pour la suite de savoir que (a) Rothenberg aime bien titiller les haters (et c’est son droit), (b) qu’il considère qu’il y a une interprétation juste à tous ses choix scénaristiques (la sienne) et que (c) il a des opinions. Petite précision cependant : si on va ici essayer de comprendre les choix de Rothenberg, je ne partage pas son avis que son explication est « la bonne ». Je ne suis pas d’avis que la parole de l’auteur est sainte, et les intentions importent moins, à mes yeux, que l’œuvre en elle-même. Ce qu’elle me dit, ce que j’entends, ce que je ressens… c’est ce qui compte à mes yeux. Ce que l’auteur voulait dire, voulais que j’entende, voulais que je ressente : ça peut clarifier certaines zones d’ombre ou aider à donner du sens à ce que je ne comprends pas, ou même me faire remettre en question mes opinions, mais au final ce n’est qu’une interprétation parmi d’autres. L’œuvre dépasse l’auteur, c’est toute la beauté de l’art en général, et de la fiction en particulier. (Je vous invite à aller regarder la vidéo de Lindsay Ellis sur la mort de l’auteur, et celle de Sarah Z sur les intentions autoriales, ça parle interprétation et fan fiction, c’est chouette, mais pas le sujet ici.)

Bon, maintenant que c’est dit, qui veut lire des interviews de Rothenberg ? Personne ? Vraiment ? PAS DE CHANCE, VOUS ALLEZ QUAND MÊME DEVOIR VOUS Y COLLER.

Just getting in the right mood…

Première chose en premier : qu’est-ce que la transcendance ? Sans surprise, Jason est plutôt évasif à ce sujet, mais ce qui est assez clair, c’est qu’il considère ça comme quelque chose de positif. Je n’ai pas trouvé, dans les interviews que j’ai lues, quelque mention sur la nature de l’Entité – il y a bien eu une référence biblique, mais ça ne sous aide pas vraiment ici. La transcendance n’est pas un réchauffé de la Cité de Lumière (ou si ça l’est, la Cité de Lumière c’était bien), elle n’est pas censée nous révolterout nous faire réfléchir sur la nature des émotions humaines. Non : la transcendance serait la prochaine étape pour l’évolution de notre espèce, à chacun d’entre nous d’interpréter ça comme bon nous semble.

La transcendance, cependant, n’est pas le message de la série. Non, en vérité, Rothenberg est super-déprimé par les infos et probablement par le futur apocalyptique qu’il a créé et dans lequel la première solution pour résoudre un problème est toujours le meurtre. Dans son interview pour Collider, il affirme :

Je veux dire, regardez par la fenêtre ou allumez la télé. Jusqu’à ce que nous, en tant qu’espèce, réalisons que nous sommes tous dans le même bateau, nous sommes condamnés. J’ai l’impression que la fin des temps n’est pas loin. D’une certaine manière, c’est l’impression que ça donne. Avec la série, ce qu’on a essayé de dire c’est que jusqu’à ce qu’on réalise ça, les choses ne vont pas aller mieux. Une fois que c’est le cas, on pourra transcender ou embrasser notre futur quel qu’il soit, en tant qu’espèce.

Jason Rothenberg pour Collider (ma traduction)

Au cas le message de la série n’était pas encore clair, voici également ce qu’il dit pour CBR et TV Guide. Prêtez attention, quelques subtilités pourraient vous échapper :

Finalement, comme je l’ai dit auparavant, la façon dont l’histoire se termine est la morale de l’histoire, ce que l’histoire veut dire. Et je ne voulais pas que la série dise, « Oui, le tribalisme c’est mauvais et nous allons tous nous entretuer et c’est la fin. » Je voulais prendre en compte le second côté de l’équation. Si nous ne dépassons pas le tribalisme, si nous ne nous rendons pas compte que nous sommes tous dans le même bateau, alors nous sommes condamnés. Si nous parvenons à cette réalisation, si nous rendons les armes, et nous donnons les bras, et réalisons que nous faisons tous partie de la même tribu sur cette planète, alors nous aurons la chance d’évoluer, de passer au prochain niveau de l’humanité, quel qu’il soit.

Jason Rothenberg pour CBR (ma traduction)

C’était important, d’une manière générale, que ce soit le message de la saison et de la série. Jusqu’à ce que nous réalisions que nous sommes tous dans le même bateau, que nous sommes tous des êtres humains, qu’il n’y a pas de pays, ou de partis, nous sommes condamnés à répéter le cycle de violence dans lequel nous vivons. Regardez les informations : on est plutôt mal barrés pour le moment. Et jusqu’à ce que nous arrivions à parvenir à ça, nous ne méritons pas de transcender.

Jason Rothengerg pour TV Guide (ma traduction )

ALERTE, ALERTE, L’INTENTION DE JASON ROTHENBERG A ÉTÉ DÉCRYPTÉE. MAINTENANT, TOUS ENSEMBLE :

Evidemment, ça fonctionne un peu moins bien parce que j’ai traduit « We’re all in this together » par « On est tous dans le même bateau » à trois reprises mais vous avez tout de même l’intention – et l’intention c’est tout ce qui compte, non ?

Non, vraiment, personne ? Écoutez, je suis fatiguée moi aussi. Ça fait deux jours que je rédige cette critique et non, ça n’a pas été qu’une partie de plaisir. Vous pouvez bien faire un petit effort et chanter pour moi. Donc lancez la vidéo, pour de vrai, chantez avec Troy et Gabriella, pour de vrai, et on se retrouve ensuite.

Avouez, on se sent un peu mieux pour aborder la fin de cette interminable article, non ?

Donc, le fameux message de la série c’est donc que l’humanité a besoin de plus d’unité, et que c’est seulement en travaillant ensemble qu’elle pourra atteindre la salvation. C’est tout.

OK, je pense que c’est un peu de ma faute d’avoir cru que le message était plus compliqué que ça. Après tout, c’est ce qui est répété chaque saison depuis sept saisons, il fallait s’y attendre – mais je ne sais pas, j’avais l’impression que Rothenberg avait une vision tellement pessimiste de la nature humaine qu’il ne pensait pas qu’il était possible de mettre fin à la violence. Mais non, lui et moi sommes deux natures optimistes, combien de points communs avons-nous ! Il est même plus optimiste que moi parce qu’apparemment, tout ce qu’il fallait c’est que les deux camps acceptent un cessez-le-feu, qu’importe qu’il ne dure à peine une minute, c’est suffisant pour la transcendance. Est-ce que ce court moment de paix, dans le finale, entre deux peuples qui ne se sont jamais fréquentés et se rencontrent pour la première fois, est-ce que c’est là la preuve que l’espèce humaine est enfin prête à ne faire qu’une ? La série a eu son lot d’unification, de traités de paix, de belles promesses et aucune d’entre elles n’a jamais duré, la violence est toujours revenue. La transcendance était-elle vraiment le meilleur moyen de faire passer le message que Rothenberg a en tête, ce message de collaboration durable ?

Huuum, non ? Je ne pense pas que la salvation de l’humanité soit dans la disparition des différences ni dans l’assimilation donc forcément, on n’est peut-être pas tout à fait d’accord sur ce qu’il entend par « unification ». Mais quand bien même on laisse de côté les détails, je reste persuadée que si le message final se devait d’être « nous sommes Wonkru », cela aurait été plus intéressant de voir comment est-ce qu’on peut s’écouter les uns les autres, collaborer, se comprendre, et travailler à construire un nouveau monde ensemble, plutôt que *POUF* transcendance. Mais je fais ma difficile.

AND I DON’T EVEN CARE THAT I DON’T CARE ANYMORE.

Laissons de côté le futur entier de l’humanité, puisque le suicide collectif et la négation de tout ce qui fait de nous des êtres humains la transcendance est une bonne chose et concentrons-nous sur le devenir de nos héros. Que suis-je censé en penser ?

Et la douce amertume de tout ça, c’est que Clarke n’a pas le droit de transcender ; Moise ne pourra pas accéder à la Terre Promise à la fin de l’histoire. Et, dans ce cas, elle n’est pas seule parce que ces amis – qui savent ce qu’elle a sacrifié pour eux, et combien de fois elle s’est sacrifié pour eux – décident de rester avec elle, parce qu’ils l’aiment. Et, de toute évidence, il y a quelque chose de plein d’espoir dans tout ça.

Jason Rothenberg pour CBR

Donc, oui, Clarke qui n’a pas le droit de transcender est bien une punition, et le choix que font ses amis de rester avec elle, un sacrifice. C’est triste qui renonce à la transcendance, mais plutôt joli. De nouveau, je me suis cassée la tête pour rien, il fallait s’arrêter à la première impression : ils sont ensemble, ils s’aiment, ils sont heureux, c’est un happy-end, la vois-tu la joie, Enid, vois la joie.

Sûrement, il y devrait y avoir un petit quelque chose en plus, non ? Quel était le but de cet épisode, qu’est-ce que je devais ressentir ? DIS-MOI QUOI RESSENTIR, JASON.

Dans son interview pour TV Guide, Rothenberg affirme :

J’espère que l’audience finira l’épisode en se sentant bien. Ce n’est pas quelque chose que nous avons souvent essayé de faire. La plupart du temps, il ne s’agissait pas d’écrire une série feel-good. Nous voulions d’émouvoir, faire ressentir quelque chose, mais c’était plutôt la colère ou la tristesse que nous visions. C’est ce que la série était. Mais aujourd’hui, j’aimerais vraiment définitivement que les gens disent au revoir à la série en se sentant bien. A mes yeux, c’est une fin ironique. Il est difficile d’ignorer cette joie, à voir cette famille fabriquée enfin réunie pour la fin, qui choisit d’abandonner la transcendance pour rester avec Clarke, pour être ensemble.

Jason Rothenberg pour TV Guide (ma traduction)

OUF ÇA A MARCHÉ. Je me sens bien d’un coup. Merci Jason.

Comme suggéré dans l’extrait – et comme j’y avais éludé dans le point précédent, il y deux jours de lecture – Rothenberg est d’avis que The 100 dans son ensemble n’a pas à être une série feel-good : c’est une série sérieuse sur la façon dont les êtres humains sont capables du pire pour survivre, et sur la violence et la cruauté du monde. Bon, j’élabore un petit peu sur ce qu’il dit dans l’interview (OK, beaucoup), mais la façon dont il a mentionné le reddit de The 100 dans ses remerciements me fait croire que c’est leur interprétation de la série qui est la plus en phase de la série – et le consensus sur reddit, semble être que ce sont d’abords les aspects SF/ dystopie/ survie de la série qui sont intéressants, et après tout ce qui est personnages et relations. C’est certainement une opinion. Pas vraiment la mienne, mais une opinion. Je ne vais pas lever les yeux au ciel en disant «  mais pour qui ils se prend, c’est une série CW, il devrait mieux connaître son audience » – la CW fait plein de très bonnes choses, pas le peine de la descendre sous prétexte que l’audience qu’elle vise est principalement les jeunes femmes – mais d’un autre côté, je trouve ça un peu curieux la façon dont Rothenberg en est venu à mépriser toute cette partie de son audience, comme si on pouvait pas regarder des ados commettre des atrocités et quand même être heureux lorsqu’ils se font des câlins. Peut-être que mépris est trop fort, peut-être que je m’égard et certainement, il s’en est pris plein la gueule et il a tout à fait le droit d’en avoir marre. Mais une partie de moi dont je ne suis pas fière ne peut pas s’empêcher de penser que la fin de The 100, « faussement feel-good » est là comme un pied-de-nez à son audience : « Vous vouliez un happy-end ? Vous l’avez votre happy-end ? Mais franchement, puisque vous n’avez rien compris à ce que je voulais faire avec la série, sachez que les héros n’auront pas le droit d’avoir des enfants et qu’ils vont tous mourir. ET BELLAMY EST TOUJOURS MORT. Ha ! Bien fait pour vous. »

Et si vous me trouvez mauvaise, déjà vous avez raison, je le suis, et ensuite, c’est parce qu’une partie de moi ne peut s’empêcher de penser que Jason Rothenberg est l’Entité, cette intelligence « supérieure » qui se permet de juger nos héros et de les condamner à la stérilité pour avoir eu l’audace de choisir d’être ensemble plutôt que de ne faire qu’un avec les étoiles.

Je suis estomaquée qu’en qualifiant la fin de « douce-amère », Rothenberg fasse référence à l’abandon de la transcendance plutôt que d’être chafouiné par la stérilisation contrainte, par exemple. QU’EST-CE QUE JE SUIS CENSÉE FAIRE DE CE DÉTAIL JASON ? DIS-MOI QUEI PENSER DE LA STÉRILISATION, JASON !

Oh, rien, vraiment, là t’as rien à dire ? Je peux t’entendre pleurer sur comment l’humanité court à sa perte parce qu’elle refuse de s’écouter alors que tu fais commettre des génocides à des adolescents, mais t’as rien à me dire sur ton choix de faire une fin qui emprunte des méthodes eugénistes et se fait porteuse d’un message d’assimilation moralisateur ?

Hé, les gars, je suis vraiment désolée pour cet article. Mes digressions morales, mes interrogations sur le discours de colonisation, sur le pourquoi et le comment de l’existence n’avaient donc pas lieu d’être : pour Rothenberg, le meilleur espoir pour la survie de l’humanité, c’est de trouver des overlords aliens prêt à nous babysitter, d’arrêter de se taper dessus pendant une minute, de pas vraiment travailler à établir des relations stables et durables et de plutôt se féliciter parce que wow, on ne fait qu’un, yay, salvation. Donc l’Entité a raison, elle est bienveillante, elle sait mieux que nos héros, qui, comme moi, n’ont rien compris à la série à la série non plus, et continuent à croire que ce qui est important, ce sont les relations et l’amour, l’espoir de construire un futur en tant que collectivité en acceptant les failles de la nature humaine.

Our bad.

Douceur et amertume, avec tête et coeur

Quand je pense à des fins douces-amères, plusieurs séries me viennent en tête. Chuck, qui déconstruit tout ce qu’elle avait construit pendant cinq saisons pour mieux nous appâter avec une lueur d’espoir. How I Met Your Mother, qui condense twist sur twist pour faire du sens de sa prémisse mais finit par faire mal plus que par faire du bien. Ou encore Fringe, à la fois incroyablement joyeuse et terriblement triste, parce que le prix à payer pour la salvation est à la fois juste et difficile à avaler. J’aime ces trois fins – oui, je sais, je suis dans la minorité – et je trouve que « douces-amères » leur convient tout à fait. Ces fins divisent notamment parce qu’elles ne sont pas heureuses, mais aucune d’entre elles n’extermine l’humanité avec un sourire sur le visage.

Le fait que Rothenberg s’attende à ce que j’éprouve la même chose pour The 100 m’étonne parce que, même à la lueur de ses explications limpides, je continue à trouver que le message final qui transparait de la série n’est pas ce qu’il avait en tête. Et non, je ne pense pas que je devrais seule porter le blâme : la transcendance aurait dû être mieux explicitée, mieux vendue, pour qu’elle soit différenciée de ce que proposait la Cité de Lumière (= mauvais) ; la stérilisation me parait hautement superflue, et ça aurait été pas mal d’avoir au moins un personnage qui se permette de remettre l’Entité à sa place – je veux dire, c’est ce que Clarke fait et diantre, c’est réjouissant, mais elle vient d’échouer le test, et le finale est plutôt clair sur le fait qu’elle n’est pas un modèle à suivre. (Personne d’autre que Clarke ne peut remettre en question l’Entité, parce que l’Entité, c’est Rothenberg et que Rothenberg est sagesse et toi, pauvre audience, tu es Clarke, tu n’as rien compris.) J’ai vu passer un tweet, il y a quelques semaines (à propos de la mort de Bellamy, il me semble) qui disait plus ou moins « si tu dois constamment expliquer tes choix scénaristiques pour qu’ils fassent sens à ton audience, le problème n’est peut-être pas ton audience. » J’y pense encore aujourd’hui, peut-être parce que j’ai 13000 mots dans les mains et que je commence à fatiguer de me creuser la tête.

La fin de The 100 parait douce, lorsqu’on écoute que son cœur. L’espèce humaine à transcendé et est bien heureuse d’avoir été assimilée à l’univers et nos héros sont réunions en toute conscience que la joie qu’ils éprouvent et l’amour qu’il ressentent prendra fin avec leur (lointaine ?) mort. Mais il ne faut pas user de sa tête bien longtemps pour tout ce qu’il ne reste soit de l’amertume. L’humanité est doublement condamnée : ceux qui ont transcendé ont perdu tout ce qu’il faisait d’eux des êtres humains, et les autres n’ont l’occasion, s’ils le souhaitent, de transmettre à une génération future ce qu’ils ont appris. Oui, tout ça résultat de choix – mais c’étaient des faux choix comme The 100 les connait. C’est une répétition des schémas colonisateurs que la série a toujours mis en avant, et c’est certainement une curieuse décision que de cadrer tout ce qui se passe dans le dernier épisode comme positif.

En réalité, la fin de The 100 n’est douce-amère que si on n’y réfléchit pas trop – ce qui est absurde, parce qu’elle n’est intéressante que lorsqu’on y réfléchit un peu plus. Le message de Rothenberg n’est ni original, ni révolutionnaire, et le fait que le dernier épisode parvienne tout de même à être ambigu me rend perplexe. C’est tellement simple, pourquoi diable avoir rendu les choses aussi compliquées ? Il n’y a rien de mal avec un peu de simplicité. J’ai toujours cru que The 100 parlait de survie et d’espoir, espoir que l’humanité n’était pas que violence et individualisme, espoir qu’un jour tous les conflits pourraient être dépassés et qu’un futur commun serait possible ; et avec la dernière saison en général, et le dernier épisode en particulier, j’avais l’impression que la série me disait justement l’inverse – alors que pourtant Jason Rothenberg partage mon optimisme. Comment on en est arrivés là ? Juste… comment ?

Je n’ai pas de réponse pour vous. J’accepte que c’est probablement de ma faute. Je suis prête à passer à autre chose maintenant, s’il-vous-plaît merci ?

La fin de The 100 est paisible. La fin de The 100 est un monde sans conflit. D’un côté la l’unification de toute l’humanité en une super-conscience, de l’autre des gens qui s’aiment et se connaissent et doivent vivre le reste de leur temps en paix. La fin de The 100 se veut critique de l’individualisme, mais elle fait tout le contraire. La fin de The 100 fait de la paix un état statique, alors qu’un s’agit d’un travail permanent, d’un effort conscient, d’une volonté de collaborer pour le futur. La fin de The 100 abandonne l’idée qu’il est possible d’espérer pour un futur de l’humanité qui prenne en compte ses failles tout en affirmant le contraire.

La fin de The 100 ne veut pas dire grand-chose, et honte à moi pour avoir espéré de la comprendre.

TLDR ; What The 100 Is Really About

Il y a ce que The 100 voulait dire, et il y a ce que j’ai compris et forcément, les deux ne se rejoignent pas parfaitement. Vous avez probablement compris autre chose – et je serai ravie de lire vos commentaires. Je pense sincèrement que les scénaristes ont cultivé cette ambiguïté – il y a trop de choix dans l’épisode (la saison), et des choix bien trop affirmés, pour que ce ne soit que le fruit de hasards. La fin de The 100 me déprime parce que je n’y vois l’espoir d’une réconciliation de l’humanité mais une ode à l’abandon – un message de doomer. « Ne serait-ce pas beau si on pouvait tous s’entendre juste un instant, mais quelle utopie ce serait, c’est impossible, autant vivre sa vie à font et ne se soucier que des gens qu’on aime. »

Ce n’est pas comme ça que j’ai envie de me souvenir de la série.

Libre à vous, lecteurs, spectateurs occasionnels ou fans invétérés, shippers, lovers ou haters, à voir dans la série ce que vous voulez voir, à en tirer ce que vous voulez en tirer. Je choisis de voir en The 100 un message d’espoir. Je n’en retiens pas tant les sacrifices et les atrocités, mais la volonté de nos héros, volonté parfois maladroite et certainement imparfaite, mais une volonté à s’assurer qu’au-delà de la survie, il y aura la vie. J’en retiens la possibilité de collaboration, les tentatives d’unification, les efforts, les compromis, les échecs, et les victoires. C’était un sacré bazar, ce n’était pas toujours plaisant, mais, lors de quelques éclats de sincérité, c’était étonnamment juste. Ni tout noir, ni tout blanc, jamais simple, parfois très compliqué pour pas grand-chose ; en somme, très humain.

Avec ça en tête, je trouve que « The Last War » échoue à traduire le message de The 100 (tant celui que j’y vois que celui des scénaristes, d’ailleurs), et c’est bien dommage parce qu’il réussit à faire plein de jolies choses. Je ne suis pas sûre que cette conclusion gâche toute la série – ce dont je suis certaine, cependant, c’est qu’elle est bien moins efficace que d’autres épisodes dans ce qu’elle essaye d’accomplir. Alors forcément, je m’imagine une autre fin.

Je me dis que peut-être que l’Eligius IV n’a jamais eu besoin de quitter l’orbite de la Terre après tout, puisqu’elle finirait par redevenir verte, ce que Monty a bien compris. Je me dis que sur Bardo, Cadogan attend encore dans son caisson l’arrivée de la clé, alors que sur Terre, Wonkru et les Prisonniers établissent des colonies sur des continents différents. Je pense à Sanctum, où Gabriel et ses enfants tentent de gagner gain de leur cause dans leur lutte contre les Primes – parvenant éventuellement à renverser le système. Levitt ne rencontre jamais sa princesse guerrière, sauf peut-être si un jour il décide de partir en expédition sur Terre, transgressant les règles stricts de Bardo pour un peu d’aventure. Je m’imagine une fin où tout est possible et où Clarke et Bellamy contemplent l’horizon, bras dessus-dessous, plein d’espoir parce que demain, c’est sûr, ils feront mieux.


Enid.

8 commentaires sur “Pour et contre le finale de The 100

  1. Je n’ai lu que l’intro car je me suis arrêté à la fin de la saison 5 et il n’est pas exclu qu’un jour je veuille finir la série mais je voulais voir la longueur de ce texte et je ne suis pas déçu. 15000 mots et wordpress qui indique une durée de 66 minutes de lecture, c’est beau. Bravo. Je regrette de ne pas pouvoir le lire 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Ha oui, ça spoile pas mal 😀 La saison 5 est un bon moment pour s’arrêter je trouve ! La 7 aussi, mais pas pour les même raisons…. Merci de m’avoir lue en tout cas, même si juste l’intro 🙂

      J’arrive pas à croire que j’ai pondu un truc aussi long… au moins je sais que je peux le faire ? Le pire ça a été la mise en page : WordPress n’est pas fan des romans.

      Maintenant si seulement je pouvais me remettre à écrire des articles d’une taille raisonnable qui ne me prennent pas deux jours à écrire, peut-être que je pourrais refaire quelque chose de ce blog ?

      Aimé par 1 personne

      1. C’est pour ça que j’ai stoppé à la fin de la saison 5, le happy end de Morty et Harper était parfait pour moi surtout que je supportais plus les personnages 😀

        Au pire, si tu continues à écrire des articles à rallonge, tu peux envisager de les découper en épisodes, ce serait méta 😉

        Aimé par 1 personne

      2. J’ai déjà remplacé la fin de la saison 7 par une version légèrement modifiée de la 5 dans mon head-cannon, donc ce n’est pas moi qui vais te convaincre d’absolument reprendre.

        Je garde le découpage en tête, le méta c’est toujours tentant 😀

        Aimé par 1 personne

  2. Magnifique analyse de cette saison et ce season finale ! Vraiment je suis épatée et tu traduis vraiment bien tout ce qui a été raté, tout comme ce qui a été réussi 🙂 Pour ma part, je ne vais pas être très longue, comme toi, j’ai aimé le series finale sur le moment, je lui ai aussi mis 17 et j’ai trouvé la fin mignonne car c’est ce qu’on avait envie de voir, les amis réunis pour la vie. Après, quand on y réfléchit, ben il y a plein de trucs qui ne vont pas. Je ne reviens pas dessus, tu en parlé bien mieux que moi. Pour ce qui est de la saison, ce que je lui reproche c’est d’avoir éclaté les storylines, d’avoir ajouté celle de Bardo alors qu’il y avait déjà Sanctum et surtout que quelq’un se soit dit que c’était une excellente idée d’introduire Cadogan (réintroduire en ce qui le concerne) et cette idée d’entité et transcendance à 8 épisodes de la fin ! Non mais allo quoi ! Du coup, j’ai trouvé ça trop précipité, survolé et frustrant. En plus, je n’avais pas aimé tout ce qui touchait à La cité des lumières donc l’Entité et la transcendance, non merci et j’avais complètement oublié le personnage de Cadogan… Je finirai en faisant remarquer qu’il y a eu un seul personnage « âgé » qui a survécu, l’increvable Indra et ça, ça me réjouit !

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    1. Contente que ça t’ait plu 🙂 et merci de l’avoir lu, j’ai conscience que c’est long !

      C’est vraiment bizarre qu’ils soient revenus à cette idée de vie éternelle sans douleur pour « prendre le contrepied », sans une seule fois faire le parallèle ? On dirait qu’ils ont oublié qu’ils avaient déjà fait ça en saison 3.

      J’ai pas tellement parlé des problèmes de la saison en général, mais je te rejoins sur l’éclatement des storylines ! Je pense que j’ai un peu plus aimé l’intrigue de Cadogan – ne serait-ce parce que Sheidheda m’a gonflée au bout de trois minutes – mais globalement, j’ai trouvé la saison beaucoup trop chargée, ce qui n’a fait qu’accentuer ses défauts. Trop de clans, trop de personnages sans profondeur dont il devient possible de prédire tous les choix. Quel dommage !

      Indra est queen, j’étais super heureuse de voir qu’elle a survécu aussi !

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      1. En fait, au début, j’ai aussi préféré ce qu’il se passait sur Bardo et les planètes annexes car c’était intéressant, c’est à l’arrivée de Cadogan que ça s’est gâté pour moi (ou parce qu’il était trop tard) et oui Sheidheda était gonflant mais J.R Bourne était génial dans le rôle et s’en est donné à coeur joie.

        Aimé par 1 personne

      2. Sur ce, je suis d’accord, c’était bien marrant de voir J.R. Bourne se lâcher. Bien plus intéressant que le côté prophète de Cadogan, auquel on ne croit pas un instant.. alors que ça aurait pu être vraiment chouette qu’on est vraiment l’impression qu’il avait craqué les secrets pour la paix universelle.
        Je pense que j’ai juste pas tellement accroché à la façon dont ils se sont servis de Sheidheda pour décimer tous les fidèles de Sanctum et les enfants de Gabriel – j’ai trouvé ça un peu paresseux sur le plan scénaristique, comme s’ils voulaient complètement se débarrasser de la saison 6 pour retourner aux Grounders mais n’avaient pas le courage d’écrire une vraie intrigue (et retro-activement, je trouve que ça dessert leur idée de « nous sommes tous l’humanité » : cela aurait été plus fort si il y avait des représentants de tous les « clans »). Plus la « plot armor » qui fait que personne ne voulait le tuer juste pour qu »il soit là à la fin : typique le genre de chose qui m’horripile. Mais donc, ce n’est pas vraiment de la faute de Sheidheda mais de l’écriture de cette saison toute entière.

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